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AFI n°25 2016 - 2017

LIBAN - Par Wassim Manssouri et Pascale Asmar

LIBAN - Par Wassim Manssouri et Pascale Asmar

Année Francophone Internationale 2016 - 2017



POLITIQUE

- Par Wassim Manssouri

Il est fort regrettable pour nous de constater qu’en cette nouvelle année la crise politique libanaise, le problème des réfugiés syriens et l’impact du terrorisme exercé par Daech sont toujours d’actualité sans qu’apparaissent à l’horizon de solutions probables. Nous allons dans ce qui suit nous étendre sur ces questions :

Prolongation dans la vacance de la présidence de la République et changement des coalitions au sein des partis du 14 et du 8 mars (1) :

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Michel Aoun, un général présent encore et toujours ! (Ph : Thierry Ehrmann)

À ce jour, malgré de fondamentales évolutions politiques, aucun accord n’est apparu vis-à-vis d’une nomination éventuelle d’un président de la République.
En effet, les différentes coalitions politiques ne cessent de changer. Bien que le Général Aoun se trouve toujours être le candidat prôné par le parti du 8 mars et que face à lui, de nombreux autres candidats sont proposés, aucun d’entre eux ne parvient à avoir la majorité absolue des voix permettant son élection au Parlement.

Rappelons que l’article 49 de la constitution libanaise (2) exige la réunion des deux tiers des députés pour une telle élection et que les protagonistes du Général Aoun persistent à boycotter les séances du Parlement tant que la nomination de ce dernier ne leur est pas garantie. C’est sur cet état de fait que se dessine l’échec de l’obtention du quorum requis.
Pourtant, un évènement inattendu a quelque peu bouleversé cette scène devenue habituelle. Le Parti du Futur représenté essentiellement par Saad Hariri a, contre toute attente, soutenu le député Suleiman Frangieh, candidat appartenant en principe au Parti du 8 mars, allié du Hezbollah (le principal opposant politique du Parti du Futur) et ami personnel du président de la République syrien Bachar El Assad (président considéré par Saad Hariri comme illégitime depuis le début de la crise syrienne).

Cette candidature a été bien sûr critiquée et réfutée par les autres membres du Parti du 14 mars essentiellement par président des Forces Libanaises Samir Geagea. Et en réponse à la candidature de Frangieh que Geagea a considéré comme une provocation, ce dernier a riposté par le soutien tant inattendu que surprenant de la candidature du Général Aoun !
Cet acte fut une surprise de poids si on se souvient de la guerre sans merci qui a été livrée entre les deux hommes durant la guerre civile libanaise, essentiellement l’année 1988 et qui a conduit à l’époque, à l’affaiblissement du rôle des chrétiens au Liban.

Pourtant, ces changements n’ont aucunement mené au consensus permettant l’accord sur un éventuel président de la République ou de l’acceptation tout du moins de l’obtention du quorum requis à cette élection (ce qui est là encore une aberration quand on sait que Samir Geagea est de ceux qui insiste sur la nécessité d’assister continuellement aux séances du Parlement contrairement au Général Aoun).
Ces surprises politiques ont de même eu pour conséquence la rupture du schéma classique de coalitions liées aux deux partis du 14 et du 8 mars. En effet, ces deux rassemblements n’ont plus d’existence réelle et les coalitions qui ont lieu se font de façon non organisée. Cette réalité a conduit à de nombreuses divisions au sein du Parti du Futur et dans celui plus large du 14 mars.
Quant au président du parlement Nabih Berri qui joue un rôle centriste, il est resté loin des coalitions traditionnelles appelant à une réunion de discussion nationale de trois jours début aout 2016 afin de relater les différents problèmes auxquels le pays est confronté.


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Un pays toujours à la limite du chaos... (Ph : Flickr - JiPxSTICk)

Instabilité des services de l’état :
Les conflits politiques ont eu d’énormes répercussions sur le travail gouvernemental et parlementaire.

Bien que le gouvernement ait trouvé un moyen permettant de pallier la vacance de la fonction présidentielle (3) en se contentant d’une représentation à la majorité des deux tiers et non à l’unanimité des ministres, d’autres conflits politiques liés au dossier du pétrole, de la sécurité nationale et de ses services, au problème des déchets ou encore à certains projets vitaux tels que les barrages… ont mené à des séances parlementaires non productives et inorganisées. État de fait plusieurs fois critiqué par le chef du gouvernement Tammam Salam.
Pourtant, une des ententes les plus importantes qui aurait dû avoir pour conséquence un apaisement au sein du gouvernement et touchant le dossier du pétrole et du gaz sur lequel le chef du parlement Nabih Berri et le Général Aoun se sont mis d’accord et devant sortir le Liban de la crise financière compliquée par laquelle il passe, est elle aussi vouée à l’échec, réfutée par le chef du gouvernement considérant que sa mise en marge sur la question n’a pas été des plus appropriée.

Par ailleurs, cette situation gouvernementale ayant conduit à la démission d’un ministre du Parti des Phalangistes et d’un ministre du Parti du Futur, a entrainé de nouvelles dissensions politiques et un affaiblissement plus prononcé du gouvernement.
Ces évènements ont eu parallèlement des répercussions sur la disposition du Parlement à se réunir et à voter les dispositions légales nécessaires à la vie quotidienne. En effet, la dernière séance parlementaire considérée comme « une séance d’urgence » a permis de promulguer en décembre 2015 un ensemble des lois. Sans ces lois, le Liban aurait été inscrit sur la liste noire des pays collaborant avec le blanchiment d’argent et aurait perdu nombre de projets avec la Banque mondiale. Aujourd’hui encore, il est vital pour le parlement de se réunir, car le Liban risque toujours d’être inscrit sur la liste des états qui ne collaborent pas avec l’Organisation de coopération et de développement économiques.
Des complications d’un autre genre viennent s’ajouter à celles citées et qui sont liées aux sanctions américaines imposées au Hezbollah interdisant aux banques libanaises de collaborer avec lui.
Cette réglementation américaine a eu une portée négative sur l’activité bancaire qui se trouve dans un flou quant à toute application pratique. Certaines banques ont même fermé des comptes appartenant à des députés du Hezbollah.
Cette situation difficile ajoute une pression encore plus palpable sur le gouvernement.
La solution qui a été trouvée à ce problème consiste à obliger toute banque qui douterait de la clarté et de la légalité du compte d’un de ses clients d’en référer à la Banque centrale (plus précisément au comité spécial d’investigation) qui, elle, prendrait la décision adéquate et l’imposerait. Seul le silence d’un mois de la Banque centrale à une telle question permettrait à la banque intéressée d’agir de façon unilatérale.

Les élections municipales :

Une des rares lueurs positives ayant eu lieu dernièrement est rattachée au déroulement des élections municipales. La réussite de cet évènement a rappelé aux politiciens leurs responsabilités et il n’est plus acceptable au Parlement d’user de la question liée à la sécurité nationale pour engager encore une fois sa propre reconduction (4). C’est pourquoi il serait essentiel de trouver un domaine d’entente sur une nouvelle loi électorale dans les plus brefs délais. La table ronde à laquelle le président du parlement a convié devrait non seulement porter sur les élections présidentielles, mais également sur la promulgation d’une nouvelle loi électorale.

Soulèvement populaire :

La crise résultant du dossier relatif aux déchets qui ont parsemé les différentes régions libanaises a pour cause son accord à Sukleen une société privée. Or, cette société a manqué à ses obligations durant toute la période contractuelle et s’est contentée de déverser lesdits déchets dans la banlieue de Beyrouth sans procéder à aucun recyclage. Cette réalité a poussé les citoyens à réclamer avec plus d’insistance la fermeture de ce site (site du Neemé) compte tenu du péril qu’il cause à la santé publique. Bien que dans un premier temps le gouvernement ait donné droit à cette demande, il n’a pu trouver de palliatifs et les déchets se sont accumulés dans et autour de la ville de Beyrouth.
Ceci a accentué l’échec du gouvernement dans son ensemble. Et le citoyen libanais a été obligé de contempler ces tas de déchets grossir tous les jours sans qu’aucune solution ne semble se pointer à l’horizon.
En réponse à cette inertie, la société civile s’est levée sollicitant la démission de l’ensemble des hommes politiques et par extension, la lutte contre la corruption interne aux services publics. Malheureusement, ces actions n’ont eu aucune suite effective et le dossier des déchets reste encore et toujours d’actualité.


Notes :
(1) Sur la division politique au Liban, voir l’année francophone internationale 2007, p. 260.
(2) Sur l’article 49 et l’élection du Président de la République, voir l’année francophone internationale 2008, p. 218.
(3) Sur la représentation du Président de la République par le gouvernement, voir l’année francophone internationale 2015-2016, rubrique Liban.
(4) Sur la conduction du mandate parlementaire, voir l’année francophone internationale 2015-2016, rubrique Liban.


CULTURE ET SOCIÉTÉ

- Pascale Asmar

Le Liban au gré des vents

Une crise de déchets… et de gouvernance
Vers mi-juillet 2015, alors que la décharge qui accueillait le plus grand nombre d’ordures du Liban (Naamé) est enfin fermée après un ultimatum lancé depuis un an, le pays sombre dans une crise qui a connu un précédent (en 1997), mais qui est restée sans solutions depuis. La crise des déchets, jusqu’à la rédaction du présent article, n’a pas encore connu encore de solution durable et écologiquement responsable.
En plus de la situation sanitaire et écologique alarmante qui transforme l’ensemble du pays en décharges aléatoires et ouvre la voie à des pratiques répréhensibles comme l’incinération, le taux de pollution augmente ainsi que le risque de cancer qui atteint un point culminant auprès de la population qui y est exposée, selon une étude publiée par l’Unité de Recherche sur la Qualité de l’Air.


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Décharge aléatoire en pleine nature à Monteverde (région Metn) inaugurée par la Municipalité de Beit Méry en dépit de l’illégitimité de l’action (Ph : Nadine Asmar)

Le Liban fait face à une impasse avec cette crise qui dévoile l’incapacité des autorités à trouver une solution, et pousse la société civile dans les rues. Un mouvement se constitue. « Vous puez » en est le nom, mais aussi le message que le mouvement adresse aux autorités. La crise des ordures ne tarde pas à s’ouvrir sur d’autres problèmes dont l’auto-prorogation illégale du mandat des députés, leur incapacité à mettre en place une loi électorale et à élire un président de la République, et la faillite gouvernementale. L’effet d’une boule de neige permet au mouvement, constitué initialement d’une poignée de jeunes gens, de mobiliser la société libanaise. En parallèle, d’autres mouvements naissent avec des programmes et des actions plus ou moins similaires. Les manifestations de « Vous puez » prennent une envergure importante, dépassant les frontières nationales, mais sont à maintes reprises matées par le pouvoir d’une manière qui interroge les actions du régime qui se réclame de la démocratie.
Les solutions écologiques défendues par les manifestants prônent le tri des déchets et le recyclage dans les usines destinées à ce fait. Des campagnes d’éveil permettent de proposer à la population des alternatives en attendant une décision étatique. Certaines municipalités prennent en main les choses et parviennent à traiter les déchets de leur localité d’une manière responsable. Mais, au niveau de l’ensemble du pays, la solution voulue reste en suspens et les efforts individuels limités. Les autorités restent attachées aux décharges et à l’incinération des déchets. Le stockage temporaire dans certaines décharges jouxtant la mer attise la peur des observateurs et activistes qui craignent que les ballots d’ordures ne soient destinés au remblayage de la mer.

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La plage de Ramlet el-Baida (Ph : wmc - BlingBling10)

Des espaces publics en voie de privatisation
Le problème écologique est doublé d’un autre non moins important et toujours d’actualité. La privatisation des espaces publics revient sur le tapis avec le danger de confisquer la plage publique de Ramlet el-Baida pour ériger un nouveau complexe privé. Les activistes et représentants de la société civile déploient une action pacifique dans le but de contrecarrer ce projet qui prive les Libanais d’un des rares sanctuaires publics consacrés par la loi. Il faut rappeler que la loi relative au bien public a été à maintes reprises violée par Solidere, à Zaytouna Bay, Dalieh de Raouché, l’Eden Rock ou encore le port d’Adloun au sud du Liban dont la richesse archéologique est en danger. En réponse aux réclamations des activistes, le Mohafez de Beyrouth, Ziad Chbib, gèle les actions, promettant de ne pas toucher à ce sanctuaire public. Cependant, cette décision est loin de rassurer les activistes qui demandent que le dossier soit pris en charge par le parquet financier.

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Des élections municipales ou l’émergence d’un pouvoir alternatif
Cette mutation dans le sentiment et le comportement civique se fait aussi entendre lors des élections municipales qui constituent la première opération démocratique depuis l’auto-prorogation du Parlement libanais. Ainsi, face aux forces politiques «  traditionnelles » représentées par les partis, émerge une force civile se revendiquant du mérite et de l’excellence, plutôt que du confessionnalisme comme il est de coutume au Liban. C’est surtout à Beyrouth que la bataille est prometteuse. Deux listes proposent une nouvelle manière de penser et d’agir. La première, Beirut Madinati (Beyrouth ma ville), comprend 24 candidats, répartis entre 12 femmes et 12 hommes. Avec un programme ambitieux, la liste prône une volonté de briser le cercle vicieux de la corruption et de changer la donne afin de rendre à Beyrouth ce qu’on lui doit en termes de développement à tous les niveaux. La deuxième liste, Citoyens et Citoyennes dans un État qui 4 noms, est présidée par l’ancien ministre et économiste Charbel Nahas qui dénonce la corruption en vigueur dans le pays et entend rétablir un État de droit pour toutes et tous. Bien que le mouvement civil, dans ses deux variantes, n’ait pas vaincu les forces de l’ordre que ce soit à Beyrouth ou dans d’autres régions du Liban, une déstabilisation a été observée. Elle serait prometteuse à long terme…

Une culture contre vents et marées
Malgré un paysage obscurci par ces problèmes auxquels s’ajoutent une crise de migrants n’ayant pas trouvé de solution, une montée galopante du chômage et une érosion économique, le cycle culturel est toujours vigoureux. Le Liban se distingue à Cannes par ses productions audiovisuelles (Tramontane de Vatche Boulghourjian à la Semaine de la Critique, Submarine de Mounia Akl à la Cinéfondation, entre autres). Il est emporté à Venise dans le cadre de sa 57e Biennale grâce au musicien, compositeur et plasticien Zad Moultaka qui présente un projet ambitieux sous le nom de « Sacrum », une œuvre monumentale inspirée des Grottes de Jeita (Liban) et Chauvet (France). Le Liban est aussi une fête animée par une multitude de festivals qui remuent les tréfonds de certaines localités situées à la délicate frontière libano-syrienne, embrasée par la violence et la guerre, comme c’est le cas du mythique Festival international de Baalbeck qui reprend de plus belle dans le cadre féerique des temples romains millénaires.
Cette lutte culturelle n’arrive pas pour autant d’arrêter une vague de censure qui s’acharne contre les œuvres artistiques : le court-métrage de Darine Hoteit, I Say Dust, en raison du thème abordé (l’homosexualité), la chanson « Kyrie eleison » de Bachar Mar-Khalifé pour « atteinte à une entité divine », le film Spotlight en raison du sujet de la pédophilie au sein de l’Église catholique, « Beirut Syndrome », une pièce de théâtre signée Lucien Bourjeily, et la liste n’en finit pas et en dit long sur une démocratie et une liberté d’expression sélectives au Pays des Cèdres.

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Wassim Manssouri
Avocat au barreau de Beyrouth,
professeur à la Faculté de droit
wm@manssouri-law.com
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Pascale Asmar
Docteure en Sciences du Langage-Linguistique (Sorbonne Nouvelle-Paris 3 & Université Libanaise)
Enseignante à l’Université Libanaise et à l’Université Saint-Joseph de Beyrouth
Encadrante d’un mémoire à l’Université de Balamand
Déléguée de l’APFA pour le Liban
Experte associée aux travaux du groupe « économie et gestion » du Collège de terminologie
pascale.asmar@hotmail.com

Photo du logo : Flickr - Michel Banabila

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