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Convictions, à géométrie variable

Convictions, à géométrie variable

22 septembre 2023 - par Arnaud Galy 
 - © Arnaud Galy - Agora francophone
© Arnaud Galy - Agora francophone

Cet après-midi, la programmation des Zébrures était troublante. Convictions. La pièce de l’Ontarienne Lara Arabian porte bien son titre : Convictions. Plantons le décor. Un couple et son adolescente de fille vivent façon « middle class » à Toronto. Ils viennent d’emménager dans un quartier que le mari juge en rapport avec ses projets professionnels. Nés au Liban, les parents donnent l’impression de n’être raccord sur rien. Lui athée sans concession, plus attentif aux notifications et sonneries de son téléphone intelligent qu’au malaise de sa fille ; elle, mère poule, suspicieuse vis à vis du développement personnel de son mari. La jeune fille, elle, semble isolée, pauvre en copinage, elle court, court, court... après quoi ? Mystère.

L’adolescente ne vit pas seulement les souffrances inhérentes à son âge, elle est écrasée par un mal invisible. Elle se confie à sa mère qui se garde bien de partager la nouvelle avec le père. Il faut reconnaître qu’il est certainement délicat de raconter l’air dégagé que « notre fille entend une voix... » Ne trouvant que peu de réconfort concret auprès de maman, la demoiselle et sa voix se tournent vers papa. Vous savez celui qui ne veut rien entendre des religions.

Peu à peu, la voix prend possession du corps de la jeune fille. Cette dernière l’entend, la comprend, établit une relation déstabilisante et finit même par apprendre que la voix fut une martyre chrétienne décapitée ! Charge mentale difficile à porter, s’il en est. Le père, complice irresponsable, accompagnant même sa fille dans ses footings, entrevoit là une poule aux œufs d’or. La crédulité des communautés de croyants additionnée à la force de percussion des réseaux sociaux sont une aubaine à saisir. L’athée se met au service de sa fille et de la petite voix pour multiplier, non pas les petits pains, mais les clics, qui eux même provoqueront, croit-il, l’invitation de la demoiselle lors de rassemblements de croyants... Jackpot.

Troublante, disais-je ? J’ai peut-être mal interprété le texte ou la mise en scène, mais je n’ai pas ressenti de dénonciation. Ni du phénomène de la petite voix, façon Bernadette Soubirous ; ni de l’attitude sordide du père qui utilise la maladie mentale de sa fille pour tenter de gonfler son compte en banque. À moins, bien entendu, que rien ne soit choquant là-dedans. Ce serait alors, un exemple parfait de différence culturelle entre représentants des Francophonies du Nord. Pourquoi pas, finalement.

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