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FRANCOPHONIE - Impressions d’une première fois !

FRANCOPHONIE - Impressions d’une première fois !

Libres paroles de Zigzagueurs ! 2/5

Les impressions de Joanna Haddad (Liban), Sonia Elvireanu (Roumanie), Philippe Fellerath (France), Babusha Verma (Inde), Nardjas Zeghib (Algérie), Ileana Grigore (Roumanie).

10 mars 2013
Joanna Haddad
Ph : Aimablement prêtée par Joanna Haddad

On m’attendait à l’aéroport de Libreville. Voiture aussi métallique que le ciel et la mer, odeur de diesel se mêlant à la moiteur ambiante, espace saturé de gris, diverses nouvelles odeurs et tissus chamarrés, routes artisanales et plantes hésitantes sur le chemin.

Ma valise s’étant perdue en chemin, je choisis d’acheter un pagne.

Sous les arbres laconiques en bordure de corniche, je sirote une noix de coco.
Les oiseaux migrateurs accompagnent le vent qui se lève et la fin du jour. Je m’apprête à passer ma première nuit arrosée d’air conditionné.

Sous l’immeuble résidentiel qui nous héberge, odeurs d’égouts filant sous le caniveau, peinture rose de chalets de plage, plantes luxuriantes et gardiens paresseux.
Dans la cuisine : atangas, fruits de la passion, mangues et avocats, sous l’agape de verre soufflé en guise d’éclairage. Au salon, vase de fleurs exotiques.

Je longeais la mer et voulais atteindre la densité verte au plus vite.
Il faudra patienter.
Tout se paie cher, même une arrivée sous l’équateur…

Joanna Haddad - Liban... Gabon


Jardin du Luxembourg- (Paris)

Elles brillent tellement blanches

les statues restaurées

au milieu du Jardin Luxembourg.

Le temps mythique

repose encore dans leur éclat blanc

tel un Sphinx au bord du temps

arrêtant le passage.

Ceux qui passent en avant

sous les voûtes rouillées des châtaigniers

ne reviennent plus dans la cité.

Leur chemin cherche au loin

les sources primordiales

où naissent les nouveaux mondes.

Le Jardin est l’instant de réflexion

le repos contemplatif

avant de se jeter

dans le tourbillon cruel de l’arène.

Sur les épaules blanches, impassibles,

le temps met l’éternité

et la musique des sphères

écrase les midis calmes d’été.

Ceux qui perçoivent le temps

brillent éphémères dans l’esprit des autres.

Ceux qui vivent dans l’infini

empruntent l’éternité des statues.

Sonia Elvireanu
Ph : Aimablement prêtée par Sonia Elvireanu

Le fleuve Saint-Laurent - (Québec)

Au loin,

des bateaux blancs

descendent du côté

de la cascade

faisant détour près

de l’île Orléans.

Des chalands et

des bateaux de plaisance

amarrés au port

sommeillent dans la vallée

du fleuve bercé

entre ses rivages rocheux.

La falaise est creusée

au rocher escarpé

surplombant des broussailles

qui cachent le ravin.

Cap Diamant se dresse audacieux

des flots bleus

tel un phare qui veille

le chemin du conquistador

attiré par le mirage des rives inconnues.

Le fleuve creuse au rocher

son odyssée mêlée à présent

à l’histoire de la ville de Québec.

Dans les nuits noires et froides

le fleuve fait halte au Cap Diamant.

Les bruits de la nuit emportent

de la ville accrochée aux roches

des rêves des vieux temps

inscrits à jamais en pierre

au sang amérindien,

français et anglais

sacrifiés au Cap Diamant

pour la gloire et la liberté.

Les ombres de la mort

s’élèvent du Champ d’Abraham

et s’étendent sur le fleuve calme.

Dans les eaux bleues et profondes

vivent encore les gémissements

sourds des vaincus.

Le fleuve emporte dans ses ondes

la mort et la vie,

mais c’est la vie

qui triomphe sur des blessures

encore vivantes.

Calme, impassible et bleu,

éblouissant dans sa sérénité bleue,

le fleuve glisse au cœur

de l’angoisse

et un sentiment accablant

de grandeur et de liberté.

Sonia Elvireanu - Roumanie... France, Canada Québec.


Bruxelles, une ville cosmopolite qui assure !

12h30. Le bus de l’aéroport me dépose en plein centre-ville. Mission première, rejoindre mon hôtel coûte que coûte avant d’aller faire un petit tour.

15h00. Les affaires déposées, je décide de découvrir l’imposant bâtiment qui se trouve juste en face de l’hôtel. À peine la porte franchie, une charmante voix, douce et claire m’interpelle :

Bonjour Monsieur, connaissez-vous le programme de la semaine ?

Non, lui répondis-je. Mais, à quoi sert cet établissement ?

C’était auparavant une ancienne halle au marché que l’on a transformée en centre culturel de quartier. D’ailleurs, ce soir nous faisons une soirée d’intégration pour les nouveaux arrivants. Voulez-vous vous joindre à nous ?

Je lui répondis que je n’étais là que de passage et ne résidais pas dans ce quartier.

Cela ne fait rien. Venez, vous verrez ce sera sympa ! Cela commence à 19h00.

19h00. Je pénètre dans la salle et là, stupéfaction, je découvre un lieu aux accents cosmopolites. Il y avait là des Africains (maghrébins, maliens, camerounais, malgaches...), des Sud-américains (chiliens, boliviens, colombiens), des Slaves (slovènes, roumains, polonais...), des Canadiens et même un Asiatique. J’avais l’impression, dans un espace ne dépassant pas 200m², d’avoir sous les yeux un panel représentatif des multiples cultures du monde. Chacun avait amené un plat traditionnel de son pays d’origine et des boissons diverses. Tout le monde s’affairait à de multiples tâches : disposer les tables, préparer les assiettes, servir, échanger les recettes, discuter, partager... Au milieu de cette fourmilière colorée et animée, se tenait un joyeux luron, déguisé en fou du roi, qui, micro à la main, interrogeait l’auditoire :
Quel est le nom du roi de Belgique ? Quelles sont les couleurs du drapeau belge ? Où se trouve le Parlement européen ?...

La soirée fût exaltante, chacun communiquait avec son voisin tout en découvrant les multiples plats salés/sucrés, épicés..., transmettait des informations, échangeait des tuyaux pratiques... Un trio de jazzmen vint clore la soirée. Ce fut le bouquet final.

De retour dans mon pays, je ne cessais de penser à l’exemplarité d’une telle manifestation. L’intégration, dans le cas présent, se faisant de façon conviviale et fraternelle tout en respectant les us et coutumes des uns et des autres. Je me disais en mon for intérieur, que nous aurions, nous français, bien des leçons à apprendre encore …

Philippe Fellerath - France... Belgique


Babusha Verma
Ph : Aimablement prêtée par Babusha Verma

Depuis toujours, j’avais envie de voyager, de voir différents endroits et de connaître différentes cultures. En ce qui me concerne, cette chance m’a été donnée par la langue française. Mes rêves sont devenus réalité quand l’université Paul-Valéry Montpellier 3, en France, dans le cadre d’un programme d’échange avec l’université de Delhi, en Inde, m’a sélectionné pour entamer ma recherche doctorale en littérature francophone pour un semestre dans leur université. En plus de l’inscription gratuite à l’université, elle m’a accordé une bourse pour quatre mois. C’était incroyable ! Quatre mois en France !

Le 1er septembre 2011, je suis arrivé à Paris et je suis partie tout de suite à Montpellier pour me présenter à l’université le lendemain. Comme c’était merveilleux de voyager en TGV ! J’ai été hébergée pour quatre mois dans la cité universitaire pour les étudiants internationaux à Montpellier. Cela me permettait non seulement de connaître la culture française mais d’interagir avec tant d’étudiants de différentes nationalités et de différentes cultures. La seule chose commune entre nous tous c’était la langue française. Voilà le début de nouvelles rencontres et de nouvelles amitiés.

Montpellier était la première ville française que j’ai découverte. J’essayais de lier la vie à Montpellier avec tout ce que j’avais lu dans mes livres de français en Inde : sur les endroits, le climat, les systèmes d’administration, les transports, les Français, les centres culturels… Pendant quatre mois, j’ai assisté aux cours à l’université, j’avais l’accès aux ressources académiques dans la bibliothèque, ai rencontré des spécialistes de mon domaine de recherche et surtout j’ai découvert la France. Pendant les vacances de Toussaint, j’ai voyagé avec mes amis dans d’autres villes françaises comme Marseille, Nice, Aix-en-Provence, Grenoble et enfin je suis retournée à Paris, la ville de mes rêves. La Tour Eiffel, l’Arc de Triomphe, la Concorde, les Champs-Elysées, la Seine et les bateaux-mouches…J’ai vu tout en réel ! Le week-end, j’ai visité d’autres villes. J’ai fait un petit tour d’Europe pendant les vacances d’hiver pour fêter Noël. Mais ce que je me souviens toujours, c’est mon premier jour à Montpellier en France : mon premier contact avec la France.

Franchement, quand je suis arrivée en France, je ne connaissais personne à Montpellier mais je suis rentrée en Inde au début janvier 2012 avec de très bons souvenirs et l’amitié de plusieurs personnes, ce qui continue même aujourd’hui après deux ans. Et je rêve encore de me retrouver un jour en France.

Babusha Verma - Inde... France


Je veux vous raconter mon émerveillement lors de mon premier séjour à Paris.

J’avais déjà voyagé à l’étranger, mais je crois que ce séjour restera ancré en moi toute ma vie tant les paysages, les monuments, les ruelles t’envahissent de leur magie.

Le 25 juin 2010, mon premier jour à Paris, une longue journée d’été, franchement, cette longueur m’avait servie dans mes déplacements et j’en ai vraiment profité pour contempler le paysage parisien sous le charme du soleil. Je voulais tout visiter en une seule journée, j’ai oublié rapidement la fatigue du voyage et les formalités d’entrée dans un pays européen. Paris m’a couverte d’une étrange énergie.

C’est vrai, j’ai lu dans les livres des histoires sur la Tour Eiffel, le musée du Louvre, les Champs Elysées, la cathédrale Notre-Dame de Paris, le jardin des Tuileries , j’ai vu des films sur la ville de Paris et son charme, je savais que c’est la ville de l’amour, de la mode, des goûts.…mais les vivre, les sentir, c’est une véritable magie, je me suis sentie comme une fée.

Ce premier jour, je n’ai pas tardé à me promener dans les rues, admirer les beautés architecturales. J’ai apprécié chaque moment de cette journée, chaque personne qui me souriait, chaque œuvre d’art dans la rue, chaque pont qui me menait d’une rive de l’histoire à l’autre et me jetait dans une rêverie. Les gens même ressemblaient à leur pays. Paris m’est devenue une drogue, je ne peux plus maintenant visiter la France sans m’y rendre. Voilà un petit bout de rêve vécu que je vous fais partager.

Nardjas Zeghib - Algérie... France


Ileana Grigore
Ph : Aimablement prêtée par Ileana Grigore

Installée confortablement sur ma chaise, la ceinture de sécurité attachée correctement, j’essaie de suivre les explications de l’hôtesse, qui exhibe son savoir-faire en langues étrangères, afin de nous convaincre qu’on peut encore faire des choses quand il n’y a plus rien à faire. Je regarde le paysage en bas et j’ai la tête lourde. Du coup je suis un peu déprimée et j’étouffe, tant pis, il faut faire des sacrifices pour aller en France. Le pilote parle d’un ton rassurant, il a l’air de connaître son métier. Mais si quand même… Je ferme les yeux et commence à prier, ça fait du bien, je me détends et … m’endors.

Quand je rouvre les yeux, c’est déjà la température du sol à Paris, l’atterrissage, les applaudissements, la marche, le contrôle des passeports, les bagages et … un gros homme barbu d’âge moyen qui s’approche de moi, me parle, puis m’embrasse : quatre fois, ni plus ni moins, je suis ébahie, je me perds dans sa barbe en me demandant quand ça va finir, les bisous. Puis on se dirige tous les deux, à travers le labyrinthe de l’aéroport, vers la l’arrêt du bus, qu’on va prendre, m’informe-t-il, un bout de chemin, pour rejoindre sa femme, qui vient nous chercher en voiture. On va aller ensuite dans la petite ville de banlieue, chez sa mère, qui va me loger pendant mon séjour. Dans le bus, il échange des répliques avec quelques passagers, je n’y comprends que dalle ; cela me fait une drôle d’impression (moi qui ai une licence et un master en français, c’est pas évident). Je fais la connaissance de la dame ; ils sont très gentils tous les deux et me proposent de faire un petit détour, pour me faire voir leur maison ; je suis ravie : non seulement je vais voir une maison de Français, mais surtout j’ai déjà des amis ici. Mais la voiture longe la maison : “La voilà, notre maison !” et continue sa route : pas une minute d’arrêt, pas un mot de plus. Arrivés à la maison, ils dégagent à toute allure, mais promettent de revenir bientôt. Je ne les ai plus revus depuis.

Ileana Grigore - Roumanie... France


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