BELGIQUE - Un pavé dans la mare belge !

BELGIQUE - Un pavé dans la mare belge !

EXTRAITS de "Belgique, un roi sans pays" - Plon

Martin Buxant et Steven Samyn, deux journalistes politiques belges nous plongent dans les coulisses d’un pays où État et Monarchie forment un duo romanesque, pour le meilleur et pour le pire !

3 septembre 2011 - par Arnaud Galy

Wallons et Flamands, un vieux couple au bord du divorce, hésitant à cause des enfants et du qu’en dira-t-on colporté par le voisinage qui bafouille entre bienveillance et médisance. En prime, une royauté essoufflée. Voici les personnages principaux de ce roman... pardon de cet essai politique. Parfois l’intrigue du réel prend des allures de fiction. La préface s’ouvre sur le récit du rocambolesque choix du premier roi des Belges le 17 juillet 1831, neuf mois après l’accession du pays à l’indépendance. Et si cet événement fondateur était le premier dérapage plus ou moins contrôlé effectué par le jeune état ? Sans doute ! Martin Buxant et Steven Samyn, qui respectent le difficile équilibre d’un francophone pour un néerlandophone, nous entraînent dans les coulisses de la vie politique belge, surtout celles de la monarchie. Des coulisses qui parfois épuisent le lecteur non belge insuffisamment préparé à la réception de ce flot de « belgeries », qui parfois font rire tellement elles sont conformes à l’image « décalée » attachée au pays, qui parfois donnent envie de ruer dans les brancards en hurlant « STOP, ça, vous ne pouvez pas, c’est trop ! » …

Voilà pourquoi à la lecture de Belgique, un roi sans pays le lecteur est atterré tout en affichant un sourire vissé aux lèvres ! Un exemple direz-vous ? Plusieurs !

Page 15, quand il est raconté que la formation du gouvernement issu des élections de juin 2007, veille de départ en vacances estivales n’avait toujours pas abouti au départ des vacances de Noël...

Page 22, les auteurs citent les mots d’un ministre d’État s’exprimant sur la réforme visant à moderniser le rôle de la monarchie : « Si vous restez assis sur le couvercle d’une marmite quand celle-ci arrive à ébullition, alors vous sautez avec le couvercle. »

Page 61 et 62, on sourit devant un Premier ministre démissionnaire expédiant, par erreur, un message Twitter « douteux » à tout le réseau... et devant un roi expliquant qu’il est parvenu à revenir d’un voyage au Congo sans attraper le Sida... grâce à sa femme qui l’accompagnait !

Page 98, le lecteur tombe de sa branche en apprenant que le roi salarie une armée de jardiniers afin de s’occuper des jardins du royaume. L’occupation principale étant de massacrer à la tronçonneuse 400 à 500 ifs d’une quinzaine de mètres de haut et d’en vendre le bois précieux... comme du bois de chauffage !

Page 118, où l’on apprend comment il a fallu « mettre entre parenthèses », durant 36h, le pouvoir du souverain afin de promulguer une loi sur l’avortement que celui-ci refusait de signer !

Page 157, Buxant et Samyn reproduisent les mots d’un employé de la Maison royale : « S’il y a une succession royale, il va y avoir du sang sur les murs de Laeken... »

Documenté à souhait, grinçant, parfois insolent, souvent comparable à un polar noir Belgique un roi sans pays paraît au moment où la Belgique connait sa plus longue crise politique. Les deux auteurs distillent l’idée que le roi n’est pas étranger à ce moment critique qui n’en finit plus. Il laisse même entendre que le monarque n’est pas prêt à relancer un processus électoral. Ce n’est rien de dire que le livre, mis en vente le même jour en Flandre et en Wallonie a fait causer... dans les coulisses déjà citées mais aussi dans la presse qui apprécie que les confrères mettent les points sur les i ! Pour information, le Palais de Laeken n’a relevé, officiellement, que deux inexactitudes... ce qui sous-entend que 99% des faits et gestes décrits ou cités sont exacts. Pas mal, non ?

Martin Buxant, Steven Samyn

Belgique,un roi sans pays

Plon - 2011