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CAMUS, à lire comme pour écouter...

CAMUS, à lire comme pour écouter...

... le pouls du monde
23 mai 2013 - par Mimo Camussi 
Albert Camus - 1957 - © Robert Edwards - Wikimedia Commons
Albert Camus - 1957
© Robert Edwards - Wikimedia Commons

En 2013, Albert Camus est partout. Quelques deux générations après sa disparition, un 4 janvier 1960, l’homme et le penseur passionnent, jeunes et moins jeunes : on lit Camus comme on écoute du rock ; on le lit comme pour écouter le pouls du monde. Ses concepts, ses visions, ses approches semblent traverser le temps sans perdre de leur timbre.

Mais qui est donc Albert Camus ? Né à l’est de l’Algérie un 7 novembre 1913, de parents pauvres, rien ne semblait le destiner à jouer ce rôle majeur dans la constellation de philosophes de son époque. Beaucoup, d’ailleurs, ne voulaient pas le considérer comme tel, à l’instar de Sartre. « Provincial  », disait-il de lui. Mais Camus faisait son chemin, construisait son royaume, en dépit de la maladie qui a failli l’emporter très jeune.

«  L’Absurde », premier constat consécutif à son émersion de ses lectures de Nietzsche et de Dostoïevski. Un roman, «  L’Étranger », est venu s’abattre sur l’humanité comme un astéroïde viendrait perturber un écosystème. « L’absurde, c’est la raison lucide qui admet ses limites. » Autrement dit, le monde est absurde, on ne peut pas se l’expliquer ; on est dépassé. Ce n’est pas de l’existentialisme, aimait-il à préciser.

L’Absurde, c’est admettre qu’il y ait des choses qui dépassent notre entendement. D’où venons-nous ? Qui sommes-nous ? Où allons-nous ? Nous ne le savons pas. Personne ne peut prétendre le savoir. Mais ce n’est pas une raison pour déprimer, oublier de vivre, comme le faisait les existentialistes, à leur tête Jean-Paul Sartre.

D’ailleurs, un récent article du New York Times, paru le 10.05.2013, au sujet des « Chroniques Algériennes » traduites, le dit de cette façon : « Albert Camus est un des rares écrivains qui savait apprécier la célébrité comme une star du rock. » Brièvement, l’Absurde c’est se rendre compte de sa propre insignifiance dans cette existence, la comprendre et se remettre aussitôt à vivre avec encore plus de mordant. Comme le disait Malraux : « la vie ne vaut rien, mais rien ne vaut une vie. »

A l’Absurde est venu s’ajouter la Révolte, seconde dynamique dans la pensée camusienne. Se révolter contre sa propre condition, tel un Sisyphe qui finirait par faire volte-face à son sort, scellé par les dieux de l’Olympe. Mais Camus conclut : « il faut imaginer un Sisyphe heureux. » Ainsi, vivre l’Absurde et être heureux ; vivre la vie, chercher le Bonheur en permanence, sans se soucier des choses qui nous transcendent. C’est ici que l’homme semble faire l’unanimité autour de lui. Constater ses limites, certes, mais avancer. Voici le message subliminal dans la philosophie de l’Absurde de l’auteur de la Chute.

Après l’Absurde et la Révolte, Camus aurait aimé consacrer le reste du temps qui lui restait à vivre un troisième cycle programmé : l’Amour. Sauf que le destin, suprême absurdité, l’a voulu autrement : le prix Nobel de Littérature 1957 disparait dans un tragique accident de la route, assis à côté de son ami Michel Gallimard dans une Facel-Véga.

Aujourd’hui, à l’approche du centenaire de sa naissance, Albert Camus est plus que jamais d’actualité. On débat, on polémique. On encense, tel Michel Onfray et son « l’ordre libertaire », consacré à la vie philosophique de Camus.

Ne l’oublions jamais : oui, tout est absurde, mais la vie vaut la peine d’être vécue. Le bonheur, c’est continuer à aimer ce qu’on possède déjà.

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