VIETNAM - La vidéo mène au bonheur !

VIETNAM - La vidéo mène au bonheur !

Entretien avec un entrepreneur expatrié

L’aventure amoureuse et professionnelle de Nicolas Leymonerie et Phuong, entre jeux vidéo, Vietnam et France !


Nicolas Leymonerie, originaire du Limousin en France, s’est spécialisé dans les jeux vidéo. Au cours d’une formation il rencontre Phuong, celle qui deviendra son épouse et décide par la suite de s’envoler pour Hanoï où il crée son entreprise deux ans plus tard. Passionné, ce jeune entrepreneur mène une vie bien remplie, entre sa famille, son entreprise, et ses activités de volontaire pour promouvoir la culture française, à Dalat, où il vit actuellement.

Témoignage d’un amoureux du Vietnam, qui n’a pas rencontré ce pays par hasard…


Hélène (Vietnam-France) : Vous menez une activité de conseil dans le développement des jeux vidéos au Vietnam, pouvez-vous nous raconter comment tout cela a commencé ?

Nicolas Leymonerie
Ph : Aimablement prêtée par Hélène.

Nicolas Leymonerie : J’ai effectué mon parcours universitaire en Limousin à l’issu duquel j’ai obtenu un diplôme en informatique. Par la suite, j’ai décidé de me rendre à Paris afin de suivre une formation de trois ans par alternance en Game Design. C’est au cours de cette période, que j’ai rencontré ma future femme, il se trouve qu’elle est vietnamienne. En 2006, elle a pris la décision d’arrêter ses études françaises pour revenir au Vietnam, et j’ai décidé de la suivre à Hanoï. Cette année là, au Vietnam, le secteur du jeu vidéo en était à ses prémices. Alors qu’en France, il atteignait déjà un stade déclinant, au Vietnam c’était l’inverse, et du à son nouvel essor, son développement ne pouvait que croitre. J’ai pu ainsi participer à la création d’un des premiers studios dans le secteur. Au commencement, j’ai travaillé, avec des entreprises vietnamiennes, et c’est deux ans plus tard, que j’ai crée ma propre entreprise, Phuong Hoang Enix. La même année, je suis devenu coordinateur de la branche vietnamienne de l’association internationale des développeurs de jeux vidéos (IGDA), ce qui m’a conduit à organiser un certain nombre de rencontres et de séminaires avec des entreprises spécialisées dans ce domaine. Dernièrement, pour le lancement de l’ « Année France-Vietnam », j’ai aidé à l’organisation d’une rencontre entre entreprises françaises et vietnamiennes dans le secteur numérique lors du forum d’affaire français, qui a eu lieu à Ho Chi Minh Ville.

D’un point de vue interculturel, comment avez-vous vécu cette intégration et vos premiers pas dans ce pays inconnu ?

Hasard, ou pas, j’ai appris mes premiers mots de vietnamiens, alors que je pratiquais un art martial . Immergé immédiatement dans la société vietnamienne, ni le français, ni l’anglais ne m’étaient d’une quelconque aide. Je me suis senti comme un enfant dénué de repères, incapable de comprendre le nouvel environnement dans lequel je me trouvais, et ce durant les premiers 18 mois. Mon épouse parfaitement bilingue en français et vietnamien, a constitué mon seul point d’ancrage à ce moment là. Peu à peu, j’ai découvert la culture vietnamienne, je me suis intéressé à ses spécificités, et à ses relations avec la France. J’ai découvert la beauté de ses traditions, et la symbiose qu’elle a effectuée avec les autres cultures, ce qui constitue selon moi sa véritable richesse. Ces deux nations me sont apparues comme des nations sœurs ou cousines, et l’apprentissage de la langue, m’a aidé à comprendre que l’influence française est sous jacente au Vietnam que ce soit à travers la vietnamisation des mots français ou encore dans de nombreux domaines comme la littérature, et l’architecture, elle réside telle cachée sous la laque.

Vous êtes actuellement, membre d’un club francophone, quelles sont les activités que vous y menez ?

Depuis 2011, en tant que bénévole, et via des associations je m’attache à promouvoir la langue française et faire connaitre plus particulièrement l’œuvre d’Alexandre Yersin. En 2011, j’ai participé à l’organisation d’une conférence franco-vietnamienne pour les 120 ans des instituts pasteurs du Vietnam. Un an après, avec le soutien de l’OIF et l’Institut Français, j’ai mis en place le concours des 10 mots de la langue française avec les écoles bilingues francophones de Dalat. Cette année, je suis intervenu au club francophone de l’Université Yersin de Dalat dans le but d’améliorer le niveau de français des étudiants notamment pour la constitution de leur dossier de demande de bourses d’étude en France. Lors de la célébration des 70 ans de la mort d’Alexandre Yersin à Dalat, j’ai crée à cette occasion des activités, et écrit une petite pièce de théâtre retraçant la vie du personnage, celle-ci a été jouée par des collégiens francophones. Dans le cadre de l’« Année France-Vietnam », de nombreuses activités seront organisées en décembre à Dalat, et j’y participerai sans doute activement.

Que recommanderiez-vous à un entrepreneur (ou simple expatrié) qui souhaiterais s’installer au Vietnam ?

Pour un entrepreneur, il faut qu’il s’attende à devoir gérer des équipes vietnamiennes ce qui demande un surplus de travail et de formation pour les deux parties, ensuite, que ce soit pour un expatrié, ou un entrepreneur il faut qu’ils apprennent la langue et la culture s’ils veulent rester sur le long terme et ne pas se sentir constamment comme un étranger reclus sur sa communauté.
Je pense que cette année est marquée par un contexte propice d’échanges entre les deux pays, et de nombreux projets peuvent être créés. Pour ma part, j’incite les entreprises françaises à découvrir le marché porteur du Vietnam afin d’y développer un pôle numérique, notamment à Dalat.

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