À LA DÉCOUVERTE DES LITTÉRATURES FRANCOPHONES...

À LA DÉCOUVERTE DES LITTÉRATURES FRANCOPHONES...

12 septembre 2022 - par Agora francophone - rédaction 

À LA DÉCOUVERTE DES LITTÉRATURES FRANCOPHONES

PROPOSITIONS D’INTERVENTIONS, CONFÉRENCES, FORMATIONS

Ils/elles sont né(e)s à Buenos-Aires, Tokyo ou Kaboul, à Dakar, Beyrouth ou Saïgon. En Chine, en Syrie, en Bulgarie ou en Iran… À Moroni, à Trois Boutiques ou à Stalowa Wola… Des lieux, des pays et des terres sans toujours de liens immédiats avec la langue française.
  Certains ont suivi le destin de leurs parents, d’autres ont été emportés par les fièvres de l’histoire, par les hasards, heureux ou malheureux, de leur propre destinée.
  D’autres sont nés dans une proximité tangible avec la langue française mais l’attache au pays quitté, par eux-mêmes ou par leurs parents, a souvent guidé leur écriture, les a emmenés vers cet ailleurs proche et lointain. 
 Ils/elles vivent aujourd’hui à Paris, Bruxelles ou Montréal, à Nouakchott, Manchester ou Bamako…. 
 Tous/toutes écrivent en français. 

  Une langue héritée, imposée, choisie, “naturelle”, avec laquelle ils/elles entretiennent une relation pragmatique, amoureuse, conflictuelle, passionnée, créative.
 Une langue, « nouvelle » pour beaucoup, qui leur permet d’exprimer d’autres choses, de les dire autrement. De briser des tabous, d’évoquer un passé d’enfance ou d’adolescence. De dire une déchirure, une douleur, un bonheur, un désarroi. De conter leur venue dans un pays inconnu, méconnu, accueillant ou hostile. De retracer leur rencontre avec une autre langue, ses difficultés, ses contraintes et ses libertés. Ou bien encore d’arpenter le chemin des retrouvailles, parfois difficiles, vers le pays d’un passé familial, idéalisé ou enfoui, ou magnifié.

 C’est à la rencontre de ces écrivain(e)s et de leurs mots qu’invitent ces interventions, conférences et/ou formations.

Bernard Magnier

1) 2000-2020… Écrire le monde en français

Ils viennent d’Argentine ou d’Afghanistan, de Bulgarie, de Tchéquie ou d’Estonie, de Palestine, d’Inde ou de Bosnie, de Pologne, de Chine ou de Biélorussie, d’Iran ou du Japon, de Roumanie ou de Syrie… Durant ces 20 dernières années, bien que venus de pays sans liens immédiats avec le français, ils se sont exprimés dans cette langue. Pour évoquer le pays d’avant, un passé d’enfance ou d’adolescence ; pour dire une déchirure, une douleur, un bonheur, un désarroi, un hasard heureux ou malheureux ; pour conter leur venue dans un pays inconnu, la rencontre avec une autre langue, ses difficultés, ses contraintes et ses libertés.
Un voyage à la découverte de ces écrivains francophones venus du monde entier.

2) Venir d’ailleurs, écrire en français

Depuis longtemps, des écrivains nés à l’étranger sont venus enrichir les lettres françaises, de la Comtesse de Ségur à Guillaume Apollinaire, d’Elsa Triolet à Eugène Ionesco. Certains, nés ailleurs, ont gardé la trace de cette naissance dans leurs œuvres (Camus, Duras). D’autres ont choisi le français après avoir écrit dans une autre langue (Samuel Beckett, Milan Kundera, Agota Kristof, Atiq Rahimi, etc).
Aujourd’hui, des écrivains d’origine de l’Afrique, du Moyen-Orient, de la Caraïbe ou de l’océan Indien s’expriment à leur tour dans la langue qu’ils ont reçue en héritage de l’Histoire tandis que d’autres, venus de pays non-francophones (Chine, Japon, Iran, Afghanistan, Palestine, Argentine, Pologne, etc), ont également choisi le français comme langue d’écriture.
La conférence propose un inventaire de cette présence et de ses traces dans les œuvres et une évocation de la relation pragmatique, amoureuse, conflictuelle, passionnée, entretenue avec la langue française par ces écrivains “venus d’ailleurs”.

3) Écrire l’exil, écrire en exil

“Il y a de plus en plus d’étrangers dans le monde”... La provocation se révèle de plus en plus juste, au regard de la destinée d’un grand nombre d’écrivains de par le monde. Écrire loin de sa terre natale, en exil ou dans une situation d’éloignement pour des raisons politiques, économiques ou personnelles, engendre une situation nouvelle qui peut parfois susciter la création, l’enrichir, la briser, la modifier.
Certains écrivains ne cessent de conter le pays quitté, quelques-uns mettent en scène leur exil sous diverses variantes (distance, errance, mal être, nostalgie, idéalisation du “pays perdu”), d’autres n’évoquent jamais directement cette situation.
Certains parlent de l’exil comme d’une douleur insurmontable, d’autres comme une chance offerte, une distanciation nécessaire et utile, offrant une plus grande liberté d’expression débarrassée des contingences et des contraintes multiples.
Certains poursuivent une oeuvre entreprise dans leur pays d’origine, d’autres trouvent dans l’exil la matière et les raisons de leur création, et quelques-uns vont jusqu’à adopter la langue du pays d’accueil comme langue d’écriture.
Cette conférence propose une découverte de ces “figures d’exil” et de ces itinéraires de création issus de la bibliothèque du monde.

4) Panoramas des littératures francophones

. de l’Afrique sub-saharienne
. du Maghreb (Algérie, Maroc, Tunisie)
. de la Caraïbe (Haïti, Martinique, Guadeloupe, Guyane)
. Venus de la Chine, de l’Inde, du Japon, du Vietnam, du Cambodge, de la Corée… ils écrivent en français

Ces quatre interventions offrent une présentation :
- de l’Histoire de ces littératures, de leur diversité,
- de la personnalité et de l’itinéraire des écrivains,
- du contenu de leurs œuvres,
- de l’objet “livre africain”, de son édition à sa lecture,
- des enjeux de cette découverte.

5) Trois conférences destinées au continent africain :

. 1990-2020 : Trente ans de création, d’édition et de lecture des littératures africaines.
Durant ces trois dernières décennies, les littératures africaines ont connu des bouleversements considérables et plusieurs facteurs sont venus en modifier la création, l’édition et la réception : nouveaux auteurs, présence accrue des voix féminines, développement des traductions, nouvelles thématiques, nouveaux enjeux.
En Europe, de nouvelles structures d’édition et de promotion ont fait leur apparition. Le lectorat s’est élargi. Une place plus importante est désormais faite à ces littératures.
Quels sont ces nouveaux acteurs ? L’accueil de ces littératures a-t-il changé ? En Europe ? En Afrique ? Quels sont les enjeux de cette reconnaissance ?

. 1960-2020 : 60 années d’indépendances africaines ? 60 années de création littéraire !
Soixante années d’indépendance économique et politique contestées, sans doute, mais soixante années d’incontestable créativité littéraire avec laquelle les écrivains du continent africain ont peu à peu convaincu les éditeurs, rencontré des publics nouveaux, conquis leur place sur les rayons des librairies, et ainsi rejoint la grande bibliothèque du monde. Tour d’horizon de cette « présence africaine ».

. Accueil et évolution de l’accueil des littératures africaines en France
Des premières préfaces des acteurs de la colonisation (administrateurs, missionnaires, etc) ou des écrivains complices aux premières approches critiques des universitaires, des lieux d’édition spécialisés aux "grandes" maisons d’édition, des approches critiques réservées aux seuls spécialistes à la presse généraliste, des lecteurs initiés au grand public, les littératures africaines ont suivi un lent processus de conquête.
Outre un rappel des principales étapes de ce processus de « normalisation » de l’accueil, cette intervention souhaite également aborder d’autres questions corollaires : Quel éditeur choisir pour quel public ? Quels publics pour quelles littératures (évolution du lectorat et des "attentes" des lecteurs) ? Quels soleils pour quelles indépendances (littéraires) ?


Bernard MAGNIER
magnier.b@wanadoo.fr

. Journaliste littéraire, a créé et dirigé la collection “Lettres africaines” (Actes Sud)
. Programmateur des festivals Littératures métisses (Angoulême) depuis 1995 et Au fil des ailes, Grand-Est, 2009, 2017, 2019, 2021
. Animateur de rencontres (Institut du Monde Arabe, Alliance Française de Paris, salons du livre, festivals)
. Conférencier et formateur (bibliothèques, Instituts Français et Alliances Françaises, FIPF, etc)

Publications :
. L’Afrique noire en poésie, Gallimard-Folio Junior, 1986
. Poésie d’Afrique au sud du Sahara, Unesco/Actes Sud, 1995, anthologie
. J’écris comme je vis, La Passe du vent/Boréal, 2000, entretien avec Dany Laferrière
. Renaissances africaines (Bozar books/Bruxelles, 2010), 30 écrivains et les “indépendances”
. Rêves d’hiver au petit matin, Elyzad, 2012, 50 écrivains et dessinateurs et les “printemps arabes
. Panorama des littératures francophones d’Afrique (2012)

Théâtre :
. Sony Congo ou la chouette petite vie bien osée de Sony Labou Tansi, 2015
. Le Fabuleux destin d’Amadou Hampâté Bâ, 2018

Précédents Agora mag