Éditorial

Éditorial

Ne pas se tromper d’ennemis

12 février 2019 - par Sufo Sufo 

On ne le dira jamais assez : les lois sont faites pour assurer le bon fonctionnement d’une société. Mais quand, au nom de ces lois, la société même se trouve amputée de sa liberté de penser, d’agir, de s’indigner, il ne reste plus qu’une seule chose à faire : transgresser ces lois !
Le salut pour les Camerounais réside là en ce moment : manifester en masse dans les rues sans attendre l’autorisation de qui que ce soit ! Ce que nous descendons dans la rue réclamer, c’est un pays dans lequel se crée un vrai rêve, où se développent et non se sclérosent les multiples potentiels en présence, où on pense une vraie conquête, une vraie fabrique du futur par la maitrise et la domination des connaissances et des savoirs de toute sorte, et pour ce Cameroun-là, ce n’est pas un sous-préfet ou un préfet qui refuse de signer l’autorisation de marcher, qui va nous faire reculer.

Pendant 36 ans, "ils" n’ont été capables que de nous servir deux types de rêves : soit tu rêves d’être nommé ministre par décret présidentiel pour entrer dans la mangeoire présidentielle, soit tu entreprends de nager dans la mer, alors que tu ne sais même pas nager dans une piscine, pour rejoindre l’Occident. Le truc c’est que tu n’y arrives même pas : les Libyens te capturent et te vendent en esclavage.

Mon frère, quand tu arrives à braver ta peur pour descendre cracher ta bile au goudron, on dit que c’est toi l’ennemi de l’État ! Et du coup, le malheur du pays vient de trouver un bouc émissaire, c’est toi ! Non, qu’on soit sérieux ! À un moment, il ne faut plus se tromper d’ennemi. Il ne faut surtout pas sinon quand cette terre sera terre, vous vous retrouverez dans le pays de « si je savais ».
Qu’on soit clair : il y a un et un seul ennemi d’État au Cameroun, et nous le connaissons tous. Thomas Sankara le disait bien « les mêmes gens qui exploitent l’Afrique, ce sont les mêmes qui exploitent l’Europe… ». La situation n’a pas changé aujourd’hui. Au nom de leurs intérêts, ils ont décidé de plonger l’homme dans le noir. Au Cameroun, depuis 36 ans, Paul Biya est le garant de leurs intérêts, Paul Biya est au service du complot pour la destruction de l’Homme dans ce pays. Et pour ceux qui ne rêvent plus d’un changement, ceux pour qui Paul Biya est encore l’aboutissement de tout, je crois que des décennies vont s’écouler, et nous ne cesserons de pleurer le potentiel que ce pays a perdu.