EDITORIAL

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L’Institut français de Tizi-Ouzou est injustement fermé

17 mai 2022 - par Achour Boufetta 

L’Algérie, deuxième pays francophone après la France, ne fait pas partie de l’Organisation internationale de la Francophonie. Les autorités n’ont jamais demandé l’adhésion à cette organisation, forte de 88 États.
Tout comme la région Tizi-Ouzou, première francophone en Algérie, qui ne dispose malheureusement plus d’une annexe de l’Institut français. Hélas, en 1994, le gouvernement algérien a fermé l’Institut français de Tizi-Ouzou, disait-on, pour des raisons sécuritaires. Ces raisons sécuritaires n’ont convaincu personne ; elles n’ont été avancées que pour justifier, maladroitement, le refus de laisser ouvert un établissement dispensant la langue et la culture françaises dans une région qui compte l’une des plus importantes universités enseignant la majeure partie de ses spécialités en français.

Jugeons -en !

Durant cette période, années 90, le terrorisme islamiste sévissait sur tout le territoire national : il tuait où il voulait, quand il voulait et qui il voulait. Sauf que le gouvernement algérien n’avait décidé de fermer que l’IF de Tizi-Ouzou sur les six répartis sur l’échelle nationale : Alger, Oran, Tlemcen, Constantine et Annaba. Mieux, de nouvelles écoles françaises sont ouvertes dans plusieurs régions d’Algérie, sauf en Kabylie.
Admettons que les raisons sécuritaires furent le souci des autorités ! Pourquoi, maintenant que le terrorisme islamiste est vaincu, pourquoi donc cet Institut est resté toujours fermé ? Les étudiants sont contraints de se déplacer jusqu’à Alger pour les différentes procédures Campus France. Ils souhaiteraient, aussi, prendre des cours de langue, fréquenter la bibliothèque de l’établissement, assister à des conférences et autres rencontres littéraires et culturelles. Cette fermeture est d’ordre politique : il faut fermer les portes au savoir dans cette région, la Kabylie, rebelle et réfractaire au système politique qui sévit depuis l’indépendance, en juillet 1962.

Cette fermeture est une injustice et un mépris qui ont trop duré !
Cela fait 28 années, trop, c’est trop !