Éditorial

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Le Gouvernement de l’Ontario « vire de bord »

12 octobre 2018 - par Françoise Tétu de Labsade

Il y a peu, un an peut-être, dans ces lignes précisément, nous félicitions Mme Kathleen Wynne, Première ministre libérale, d’avoir créé un ministère de la Francophonie, pour veiller à ce que la minorité francophone de cette province puisse vivre en français dans un pays - Le Canada - officiellement bilingue depuis 1867.

Depuis, l’Ontario a changé de gouvernement (juin 2018). Le progressiste-conservateur Doug Ford, a pris les rênes de cette province, dont la minorité francophone est la plus importante au Canada, environ 600 000 personnes.

La semaine dernière, Doug Ford a franchi une ligne rouge en abolissant froidement le Commissariat aux services en français, sorte d’interface entre les Franco-Ontariens et le Gouvernement provincial. Les responsabilités de cette institution s’articulaient en priorité sur l’éducation et la santé en français, mais pas seulement. (Est-il utile de rappeler qu’au Canada, l’éducation et la santé sont du ressort des provinces et non du fédéral ?) Le Commissaire aux services en français, Maître François Boileau, n’a été informé de l’abolition pure et simple de la juridiction qu’il dirigeait, qu’une demi-heure avant les médias.

D’un même trait de plume, Doug Ford annule le projet de l’Université de l’Ontario français (l’UOF), piloté par Dyane Adam. Il existe pour l’instant deux universités bilingues, L’Université d’Ottawa et l’université Laurentienne à Sudbury dans le nord de la province. Le nouveau Premier ministre ontarien ne fait décidément pas dans le détail !

Levée de boucliers immédiate dans la francophonie canadienne au Québec et au Nouveau-Brunswick, cette dernière province étant la seule province canadienne officiellement bilingue. Justin Trudeau, Premier ministre canadien, pour sa part, a réagi aussitôt. Faisons confiance aux Franco-Ontariens, qui n’en sont pas à leur première prise en main de leur avenir, pour organiser la riposte avec détermination.

Être francophone au Canada en dehors du Québec ? Toute une gageure !