Eniadia Arapi - Ici, c’est aussi la francophonie

Eniadia Arapi - Ici, c’est aussi la francophonie

1er février 2022 - par Kristina Sekacova 

Eniadia Arapi a 22 ans. Elle vient d’un petit et en même temps grand pays situé au sud des Balkans, l’Albanie. Étudiante en Master 1 à l’Université de Tirana, spécialisation Pédagogie de la langue française, elle rêve de pouvoir transmettre son savoir-faire à une nouvelle génération d’élèves.

Engagée et active dans plusieurs associations francophones, Eniadia décrit le département de français à Tirana comme « une famille » qui la motive et la soutient sur son chemin : « En fait, le département de français à Tirana est le plus actif de tous les départements des langues qui y sont enseignées. Il y a toujours des événements, vraiment pas de place pour le moindre ennui. On met en œuvre même des pièces de théâtre en français au Théâtre national de Tirana. Les étudiants en provenance d’autres départements y viennent pour nous soutenir. J’aime bien ma faculté ! »

Comme son Université fait partie du réseau des établissements de l’Europe centrale et orientale de l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF), Eniada a bénéficié de plusieurs occasions de faire connaissance avec d’autres jeunes francophones et ainsi partager non seulement sa passion pour le français, mais aussi découvrir à quel point la francophonie peut créer des liens humains parmi la nouvelle génération issue de cette région.

Le Festival des étudiants francophones de l’Europe centrale y a indéniablement contribué : « Une semaine passée à Plovdiv en 2019 en compagnie d’autres jeunes était vraiment incroyable. Comme cette randonnée spontanée au milieu d’une nuit constellée d’étoiles jusqu’à la plus haute des sept collines de la ville de Plovdiv... et aussi des visites d’ateliers artistiques, la pratique d’activités culturelles, mais surtout la naissance de nouvelles amitiés. Nous sommes devenus camarades avec certains participants à tel point que nous comptons
nous rendre mutuellement visite dès que ça sera possible. Donc, pour les prochaines vacances il y a à l’agenda la Turquie et la Croatie
. »

Eniada fait désormais sa première expérience professionnelle en tant qu’agent de tourisme responsable de la clientèle française souhaitant réserver des séjours de vacances en Albanie. Elle témoigne de la nouvelle tendance en hausse pour ce qui est l’engouement des touristes français/francophones pour les pays des Balkans. Ce n’est pas qu’une opportunité d’alléger un petit peu le budget de la famille, mais aussi de pratiquer davantage le français hors du cadre universitaire.

Ses parents voient d’un bon oeil sa carrière en plein développement et les opportunités qui s’offrent à elle. « Si je n’avais pas choisi d’étudier le français, je ne serais pas si active et impliquée dans les activités extrascolaires. Même mes parents s’étonnent de mon assiduité et de mon application tandis qu’au lycée j’avais plutôt des résultats modestes... », dit à présent avec fierté Eniada.

Comme beaucoup d’autres jeunes, elle envisage de vivre une expérience à l’étranger, toutefois elle ne compte pas quitter l’Albanie pour toujours. Elle voit le potentiel de son pays à lui offrir un meilleur avenir et souhaite s’y investir. Selon elle, ses compatriotes apprécient bien la culture française, même s’ils ne la connaissent pas trop. En plus, l’hospitalité hors normes et le désir d’apprendre de nouvelles choses sont à ses yeux l’un des atouts des Albanais.

Pourquoi donc quitter le pays si l’on peut s’y inventer un futur ? « Ma place est ici en Albanie, bien sûr que j’ai envie de tenter une expérience en France ou en Belgique, mais tout ça dans le but d’apporter de bonnes pratiques chez nous. » Même si son tout premier contact avec le français remonte au primaire où le choix du français a été obligatoire, tout le reste est devenu volontaire.

C’est elle-même qui a choisi d’étudier le français à l’Université et d’aller à la rencontre de nouvelles expériences. Elle se montre encore toujours étonnée de voir comment un mot tel que « le truc » peut servir aux francophones pour dénommer une si grande variété d’objets ! Pourtant c’est grâce à ce choix de la langue française, au début anodin, par la suite bien réfléchi, qu’Eniada découvre un autre monde, une autre réalité et la fait sienne : « Je me trouve enrichie, épanouie non seulement pour ce qui est de mes capacités linguistiques, mais aussi pour ce qui est des expériences humaines. »