Gregor Bozic - Les fruits mondiaux de la francophonie

Gregor Bozic - Les fruits mondiaux de la francophonie

31 décembre 2021 - par Cristina Elena Parvu 
 - © Gregor Bozic
© Gregor Bozic

Artisan toutes disciplines dans le cinéma, Gregor Bozic doit au français de pouvoir travailler et continuer à se former près de Lille, mais la curiosité de ce passionné de musique et de photo s’enracine aussi dans les arbres et dans les fruits.

Gregor est né en 1984 en Slovénie. Il est monteur, réalisateur, scénariste, chef opérateur. Il obtient la reconnaissance de ses pairs dès son premier long métrage, « Il était une fois un châtaignier », dont la première s’est tenue à Toronto, au Canada, en septembre 2019. Il s’agit d’un « conte pour les adultes », comme le dit Gregor, dont l’action se situe à la frontière entre la Yougoslavie et l’Italie, après la Deuxième Guerre mondiale. Cet endroit est vite devenu désert, car les personnes n’ont plus eu la possibilité d’habiter ce territoire. La plupart des gens ont immigré, juste quelques personnes âgées y sont restées. Les « vieux  » sont les porte-paroles des histoires, des rêves, des fantaisies et des contes qui y circulent.
Le film raconte cette triste histoire, de manière très onirique, en utilisant beaucoup d’instruments de musique.

Après cette première, les prix n’ont pas cessé d’arriver ! Très apprécié tant au niveau national (car le film a gagné presque tous les prix en Slovénie), qu’international. Participant à des dizaines de festivals, le film a obtenu onze prix en Slovénie, le grand prix du Festival de Rouen, en France, ainsi que le prix « Best film » à Black Nights de Tallin, en Estonie. Au Canada, le film a déjà été acheté par une plate-forme Internet, afin d’être distribué au grand public. Toutefois, comme Gregor l’affirme, ce n’est pas un film facile, pour devenir un « blockbuster ».

Repenser le cinéma avec la photo

Ayant vécu près de la frontière entre l’Italie et la Slovénie, Gregor a appris le français à l’école, la facilité d’apprendre cette langue étant pour lui due à sa ressemblance avec l’italien. Gregor a suivi des études de cinéma à Ljubljana, puis à Berlin, où il est resté pendant huit ans. Il se considère chanceux d’avoir pu voyager et vivre à l’étranger, car c’est une grande richesse de pouvoir connaître d’autres cultures. Actuellement, il est inscrit au Fresnoy, au
studio National des arts contemporains en France, à Tourcoing, près de Lille. Gregor a la possibilité, comme d’autres artistes, d’utiliser les studios et les moyens techniques mis à disposition et de se former, en faisant du cinéma. C’est aussi un espace où il peut rencontrer d’autres spécialistes du domaine. Passionné de photographie, il prend en photo les arbres et les fruits sur les arbres pour ce programme. Il a commencé à penser le cinéma à travers la photographie. Il s’intéresse surtout aux variétés anciennes de fruits en France (aux alentours
de Toulouse), en Belgique, en Italie (Sicile) et aussi en Slovénie. Son travail contient un mélange de photographies de ces quatre pays. Il est en train de préparer son deuxième long métrage, sur les fruits. Afin de pouvoir monter des films, il est en quête de financement à l’international. Il compare le cinéma à une usine, car c’est un art qui coûte très cher. Les sujets pour ses futurs films sont variés et il essaie de repérer les sujets qui n’ont pas déjà été épuisés : il s’intéresse à la scène musicale de l’ex-Yougoslavie et à la perception globale sur les fruits, un sujet important pour toutes les civilisations et comment notre regard a changé à travers le temps. Si à présent on peut facilement se les procurer dans le commerce, ce n’était pas le cas dans le passé. Les fruits ont représenté aussi une source d’inspiration pour les poètes, les écrivains, les rois. Il y a deux grandes sources qui inspirent Gregor dans son travail : la nature et la musique. En Slovénie, Gregor a aussi participé à la construction d’une banque génétique, un verger qui contient des variétés locales presque disparues, dans le souci de préserver la biodiversité.