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IXe jeux de la francophonie : mémorable engagement des jeunes francophones du monde entier à Kinshasa, cité de la jeunesse éternelle

IXe jeux de la francophonie : mémorable engagement des jeunes francophones du monde entier à Kinshasa, cité de la jeunesse éternelle

Les neuvièmes jeux de la francophonie se sont clôturés hier au Stade des Martyrs de la Pentecôte à Kinshasa. Plusieurs fois reportés à cause de la COVID-19 et des conséquences de cette dernière. Ils ont finalement eu lieu à partir du 28 juillet, affichant ainsi la détermination des autorités de la R.D.C. de donner une autre image du pays et d’offrir à la jeunesse congolaise une raison supplémentaire d’envisager un avenir serein.

8 août 2023 - par Ramcy Kabuya 
 - © Alex Tharreau / OIF
© Alex Tharreau / OIF

Un travail invisible révélé
Une semaine avant le lancement des jeux, des réserves plus qu’insistantes s’élevaient à propos de la bonne tenue des épreuves. Des bruits couraient sur l’incapacité de l’organisation à recevoir, dans de bonnes conditions, toutes les délégations. Certains pays méfiants ont même choisi de limiter au minimum leur participation.

Sur le plan national, des opposants politiques voyaient se profiler un retentissant échec, symbole de l’amateurisme dans la gestion du président Tshisekedi. Des appels fusaient exhortant à dépolitiser la question des jeux, d’y voir plutôt une occasion de rayonnement et de fierté nationale. Pendant ce temps, le président lui-même se démultipliait pour s’enquérir de l’évolution des travaux, visitant, à grand renfort de communication et de discours rassurants, les différents chantiers. Dans les coulisses, la machinerie des jeux s’assemblait : les commissions se montaient, les jurys se concertaient, le bureau des accréditations croulaient sous les demandes et, le plus important peut-être, jeunes athlètes et artistes s’affûtaient.

S’engager dans les jeux en dépit des adversités
Le lancement des jeux était tout autant une agréable surprise qu’une ferme promesse de réussite. Après les débuts tonitruants, il fallait garder le rythme et ne rien laisser ruiner une si belle entrée en matière. Mais, dès les premiers moments, les failles sont apparues, notamment l’incompatibilité de certains sites avec les disciplines qu’ils sont censés accueillir. La salle dans laquelle devait se dérouler les épreuves de danse n’avait pas l’équipement adéquat au début des répétitions, de même pour celle, juste à côté, dévolue au concours de la chanson. Dans le même ordre, il n’y avait strictement rien de prévu comme matériel pour l’atelier de peinture à l’Académie des beaux-arts. Le concours comprenait deux parties : en plus des œuvres ramenées et exposées au Musée National du Congo, les candidats devaient exécuter une œuvre fraîche, mais aux trois jours prévus, ils n’en ont disposé que de deux.

Ces désagréments n’ont en rien brisé la réactivité des responsables de section, ni la motivation des artistes. Que ce soit dans les arts plastiques ou du spectacle, les différentes propositions ne manquaient ni de qualité, ni de générosité. Culturels, sportifs, tous sont arrivés prêts à donner le meilleur d’eux-mêmes, conférant à ces jeux un cachet spécial.

Des records et de la fierté
Le comité d’organisation et les rapports fourniront certainement des chiffres officiels sur tel ou tel autre aspect des jeux. En attendant, nous avons pu constater que Kinshasa a été une terre propice au dépassement de soi sur bien des plans. Certains athlètes, les meilleurs de leur discipline, à l’instar d’Hugues Zango, ont accepté de faire le déplacement. Des records, vieux d’une trentaine d’années, ont été battus. Le Maroc, pour la première fois, termine en tête du classement des médailles. La RDC, qui n’avait jamais décroché plus de trois médailles, touchée par la grâce du pays hôte, en a remporté trente-quatre. La plus grande réussite et principal motif de satisfaction est à mettre à l’actif de l’hospitalité et l’engouement du public kinois. Du début à la fin, les différents sites ont enregistré des records d’affluence. Partout, il y avait des files d’attentes, longues de plusieurs heures. Dans le hall du Palais du peuple s’élevait, à toute heure, un joyeux brouhaha, on s’y prenait en photo. On discutait des chances de médailles, de la qualité des prestations. Une fierté non feinte illuminait tous les visages, ces visages si jeunes, dans cette ville surnommée par les kinois eux-mêmes, jamais à court d’idées, mboka ya bana na bana, traduisez le pays des enfants entre eux. Ce n’est pas le moment de discuter l’imaginaire que cela transporte, mais comment ne pas se targuer d’une jeunesse éternelle devant la continuelle audace des kinois.es ?

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