L’Orient-Le Jour, un pont entre l’Orient et l’Occident

L’Orient-Le Jour, un pont entre l’Orient et l’Occident

La presse francophone au Liban
21 novembre 2019 - par Anne-Françoise Counet 

L’Orient-Le Jour est né en 1971, de la fusion de L’Orient (fondé en 1924) et Le Jour (fondé en 1934). Ce journal qui a ouvert ses colonnes à de prestigieux chroniqueurs, écrivains et journalistes du Liban est le seul quotidien libanais d’expression française. Ce groupe de presse publie également Le Commerce du Levant considéré comme la revue économique et financière francophone de référence au Proche-Orient ; L’Orient-Littéraire, supplément culturel consacré au livre et à la littérature au Liban et accueillant les meilleures plumes libanaises et arabes de langue française et L’Orient-Le Jour Junior, mensuel pour les jeunes de 12 à 16 ans.

Dialogue entre cultures

« Nos journalistes racontent l’Occident aux Orientaux avec une perception propre, basée sur la culture de l’échange, du regard vers l’autre, du dialogue entre les deux rives de la Méditerranée »explique Michel Hélou, directeur du journal. « À cheval entre ces deux parties du monde, nous regardons et analysons les réalités de notre région, une région sensible, avec un regard différent de celui des orientalistes. »

Indépendance

Le journal emploie une centaine de personnes, journalistes et administratifs confondus. Son directeur précise que le quotidien entend « défendre les valeurs démocratiques et le dialogue des cultures et des religions, tout en se distinguant par son indépendance ». Une rareté dans la région. Et d’insister sur le fait que financièrement, L’Orient-Le Jour est autonome et qu’il n’appartient à aucun groupe politique. Il vit de la vente des journaux, des abonnements papier et en ligne et de la publicité. Émilie Sueur, un des trois rédacteurs en chef, explique qu’ils refusent de participer à certaines pratiques comme le versement par des candidats aux législatives de certains montants pour participer à des émissions télévisées de grande audience.

Version numérique

Au Liban comme un peu partout ailleurs, la crise de la presse se fait sentir entre autres par la diminution du nombre de lecteurs de la version papier et par la chute des recettes publicitaires intensifiée par les problèmes économiques qui frappent le pays depuis le début de la guerre en Syrie. Une version numérique était devenue indispensable, non seulement en raison de l’évolution du journalisme mais aussi parce que une bonne partie du lectorat est composée de Libanais de la diaspora, principalement en France ou au Canada. C’est la raison pour laquelle, le quotidien doit aussi concilier un certain équilibre dans sa ligne éditoriale, de façon à intéresser à la fois les Libanais vivant au Liban et ceux vivant à l’étranger. La rédaction est également confrontée à un autre défi, celui du recrutement de journalistes à la fois francophones et arabophones. Un profil qui devient de plus en plus rare au pays du cèdre.

Liberté de la presse

Lors de la guerre civile et donc de la tutelle syrienne sur le Liban, il était très difficile voire dangereux pour les journalistes d’aborder certains sujets. Ces derniers temps la liberté d’expression est à nouveau attaquée. « Reporters sans Frontières et Human Right Watch ont exprimé leurs inquiétudes face à la multiplication des atteintes aux droits d’expression dont ont été victimes plusieurs journalistes et la recrudescence des procédures judiciaires engagées contrel es médias critiques des autorités libanaises ou de leurs alliés » souligne Emilie Sueur. Il est en tous cas des sujets qui invitent à la prudence : la religion, les mœurs et Israël, estiment nos interlocuteurs.

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