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La langue française : 330ème épreuve des JO de Paris

La langue française : 330ème épreuve des JO de Paris

Billets en zigzag d’Arnaud Galy
27 juin 2024 - par Arnaud Galy 
 - © France Diplomatie
© France Diplomatie

Ce blogue zigzagant, attrapera au bond, parfois au rebond, tout ce qui passera par la tête et les écrans de son auteur. La langue française et les Jeux olympiques seront le lien entre les billets... en théorie !


22 07 2024

Daniel Herrero, tellement trop que certains...

Figure médiatique du rugby, l’homme à la tignasse grise drue maintenue tant bien que mal par un bandana rouge vif, ne pourrait être absent de ce blogue. Il a ses détracteurs, certes. Certains le trouvent trop. Trop quoi ? Trop singulier. Trop hirsute. Trop charmeur. Trop engagé. Trop fraternel. Trop rugby. Trop beau parleur. Trop sudiste. Trop régionaliste. Trop toulonnais. Trop tarabiscoté. Trop affranchi. Trop Charnel. Trop philosophe. Trop perché. Trop troisième ligne. Trop fratrie. Trop poète de l’affrontement. Trop mystique de l’ovale. Il a ses détracteurs, certes. Et aussi des admirateurs. Un se tient derrière ce clavier. Un blogue qui se nourrit des rapports intimes entre la langue française et le sport ne peut user de condescendance avec l’ami Daniel H. Pas comme certains...


21 07 2024

Coup de griffe, my dear !

Pendant que des linguistes pointus, des universitaires de tous les poils, des petites mains administratives studieuses, des codeurs et maîtres de la toile épatants planchent - depuis des années - sur les plus percutantes et efficaces méthodes de mettre la langue française sur la plus haute marche de la boite, la marche en or, d’autres, s’acharnent à, symboliquement, ratiboiser le travail des copains. Un exemple ? Avez-vous téléchargé l’application des JO, « Paris 2024 » ? Imaginez, vous voulez le faire. Vous la cherchez dans les bibliothèques d’applis, vous la trouvez. Facile en cette période. Vous la téléchargez, tout content de pouvoir suivre en direct tous les futurs résultats des épreuves et bénéficier d’un maximum d’informations « avant tout le monde ». Ça y est, elle est là, vous l’avez... vous l’ouvrez. Comme ultime confirmation, vous tombez sur deux petites et mignonnes Phryges, la "valide" et la "para". Logique. Mais, saperlipopette, qui a eu l’idée d’écrire Olympic Games et Paralympic ! Les prononciations de Jeux Olympiques et Jeux paralympiques sont-elles si différentes de l’équivalent anglais. Faut-il le QI de l’ancien footballer de Chelsea Franck Lampard (plus de 150) pour déchiffrer une telle énigme ? M’enfin comme dirait Gaston Lagaffe ! Of course, ce n’est vraiment pas grave, me direz-vous. Je suis d’accord à 110% avec vous. Il n’y a pas mort d’homme, loin de là.
Mais pourquoi ? Faut-il s’excuser auprès de nos amis british de privilégier la langue française dans un cas comme celui-là ? Le français ne s’écrit pas en cyrillique que je sache, ni en runes ! Faut-il réquisitionner Jean-François Champollion pour traduire Olympiques en Olympic ?
Quant au « Have a gourde day ! » triomphant sur les affiches de la mairie de Paris pour inciter à boire sans déchets, je ne m’exprimerai pas. Droit de retrait. Peur de finir au tribunal pour injures publiques. M’enfin - bis. Côté jeux de mots l’Almanach Vermot et le Canard Enchaîné auraient pu être consultés.
Pensées pour les linguistes pointus, les universitaires de tous les poils, les petites mains administratives studieuses, les codeurs et maîtres de la toile épatants...


12 07 2024

Hugues Fabrice Zango, la tête et les jambes

Une course d’élan copiée sur celle du guépard, fluide et puissante. Un triple saut kangouresque le propulse champion du monde après un atterrissage à 17,64 m. Fou de joie, après avoir observé sa marque dans le sable, il détale en sautillant à la manière de Grosminet ne voulant pas éveiller l’attention de Titi. C’était à Budapest le 21 août 2023. Le champion burkinabé a construit, patiemment, sa carrière sportive. Enfance sportive, premières performances, repéré, pris en main...
Après avoir dominé le continent africain (champion d’Afrique à Asaba/Nigéria – 17,11 m) et même obtenu l’or aux Jeux de la Francophonie en 2017 à Abidjan, avec un saut de 16,92 m, puis ceux de Kinshasa survolant le concours à 17,11 m, le triple sauteur s’est appliqué à dominer le Monde... Fait !

Si les relations diplomatico-culturelles entre le Burkina Faso et la Francophonie institutionnelle, ou pire avec la France, se détériorent depuis quelques années, l’évolution de Hugues Fabrice Zango est pourtant le fruit d’une coopération qui a porté ses fruits. L’adolescent qu’il était à Ouagadougou, gonflé de promesses et admirablement conduit par ses premiers entraîneurs a bénéficié de la filière qui est aujourd’hui bien mal en point : « Je souhaitais continuer mes études et bénéficier de meilleures conditions d’entraînement. Je suis donc parti à Béthune, dans le Pas-de-Calais, via Campus France, un programme public chargé, entre autres, de l’accueil des étudiants étrangers, tout en rejoignant le club Artois Athlétisme. Mes résultats sportifs rassuraient mes parents puisqu’ils prouvaient que je m’en sortais bien dans ce sport. Effectivement, j’ai gagné la médaille d’argent au championnat du monde universitaire, ce qui a été mon plus grand déclic par rapport à mon potentiel et m’a incité à me surpasser et viser le plus haut niveau… » (Seine Saint Denis – le Département – 2024)

Un parcours qui a aussi permis à Hugues Fabrice Zango de rencontrer son « mentor », Teddy Tamgho, qui fut lui aussi champion du monde du triple sauts, en 2013. Le duo formé par les deux hommes fait des étincelles sur les pistes. Méthodes rigoureuses et travail acharné : « Teddy m’a pris sous son aile et m’a incité à compenser certaines lacunes techniques accumulées du fait d’avoir commencé ce sport sur le tard. Il a fallu repartir de zéro, déconstruire, réfléchir à certaines solutions techniques pendant quelques mois, à la nutrition… Il m’a aidé à atteindre les sommets et j’ai eu le plaisir d’atteindre en 2021 le record du monde en salle avec une marque de 18,07 mètres. Aucun athlète n’a jamais dépassé la barre des 18 mètres, même Teddy qui avait atteint les 17,92 mètres en 2011. » (Seine Saint Denis – le Département – 2024)

La thèse !Comme si la carrière sportive ne suffisait pas à remplir la vie de cet « honnête homme », sachez que son impressionnante musculature et son dynamisme ne sont pas ses qualités exclusives. La tête et les jambes. Appelez-le Docteur Zango ! Si, si, il a aussi trouvé le temps de fréquenter l’Université d’Artois et d’y décrocher un doctorat en génie électrique. Rien que ça ! L’homme est solide, altruiste et conscient de ses nouvelles responsabilités : « J’espère que mes records permettront de montrer une belle image du Burkina-Faso et inciter les jeunes à créer, se donner à fond et surtout avoir un regard positif sur eux et sur leur avenir. Tous leurs rêves sont atteignables à condition qu’ils se donnent des objectifs très clairs et fassent tout pour les atteindre, malgré les obstacles... Je me suis engagé dans des associations d’aide à la scolarisation des enfants. D’autre part, maintenant que je suis chercheur en génie électrique, je compte contribuer à des transferts de compétences et de technologies dans le domaine énergétique pour contribuer au développement des habitants du Burkina-Faso. Ils le méritent très largement ! »

La (F)francophonie a besoin de modèles... en voilà un, non ?


05 07 2024

Un Haut-fonctionnaire francise le break

Cet été dans les rues parisiennes et dans les villes ou sites qui accueilleront des épreuves olympiques, une oreille attentive percevra un fourmillement brouhahatique de dizaines de langues. De l’anglais, of course my dear, de l’espagnol et du portugais d’ici ou de là-bas, de l’arabe sous toutes ses formes, du chinois, du japonais, du wolof, du lingala et pourquoi pas une des 250 langues parlées au Cameroun... Arrêtons là sans vexer les oubliées. Et le français ? Langue officielle des Jeux ? Bien entendu, mon cher.

Comme pour l’organisation générale de l’événement et la qualité attendue de la performance sportive, la mise en place des outils de la réussite ne date pas d’hier. Il a même été nommé un « big boss » pour que la présence de la langue française ne tourne pas au fiasco devant le rouleau compresseur anglo-américano-globish-my taylor is rich. Daniel Zielinski est officiellement le Délégué ministériel à la Francophonie sportive et à la valorisation de la langue française pour le sport. J’en vois des narquois sceptiques, les mêmes qui « save the date » quand ils invitent leurs potes à un apéro *. Les mêmes qui se gargarisent de statistiques qui montrent qu’il y a plus de locuteurs anglophones, sinophones ou hindiphones que francophones ! Quelle surprise ! Qu’on le veuille ou non, la langue française reste un passeport dans les mondes économique, culturel, diplomatique et sportif et les Jeux olympiques sont une fenêtre ouverte sur le monde pour le démontrer.

Oui mais voilà, l’anglais a la tête dure. Il a donc fallu mobiliser linguistes, experts et bonnes volontés pour, par exemple, donner des équivalents en français aux vocabulaires des nouveaux sports olympiques. Pour le surf, l’escalade sportive, le break et le skate, la tache était urgente et impérative. Un travail que la Délégation à la langue de France et aux langues de France et l’Académie française ont accompli suite à des passages de relais multiples et répétés, des consultations auprès du Comité d’Organisation des JO et de la Délégation interministériel aux JO. Sans oublier le feu vert de la ministre des Sports et des Jeux olympiques, puis le passage obligé des mots devant le vénérable Journal officiel et enfin l’envoi vers le-les dictionnaire(s). Véritable marathon, suivi d’un décathlon conclu par un 3 000 mètres steeple. Zut, « steeple » ! Mais c’est fait ! Les journalistes commentant en direct, par exemple, les épreuves de break seront invités (la France n’étant pas une dictature, il est interdit de les obliger !) à s’esclaffer devant une rotation plutôt que devant un spin, devant une phase forte au lieu d’un powermove...*

Une victoire arrachée de haute lutte sera visible par les millions (milliards ?) de téléspectateurs : sur les sites, les panneaux d’affichage des résultats seront bilingues, anglais et français.
« C’est peut-être un détail pour vous
Mais pour – nous -, ça veut dire beaucoup
 » *
Car bien que langue française soit officielle aux Jeux olympiques, ce sera la première fois... Les narquois sceptiques sont invités (la France n’est toujours pas une dictature) à ne pas ricaner.

* Les français ne sont pas en reste.
* D’autres billets reviendront sur ces francisations.
* Paroles de Michel Berger, « Il jouait du piano debout ».


Carlota Dudek, sélectionnée française aux épreuves de break
© Fédération Française de Danse

29 06 2024

10 sur 10, comme Nadia Comaneci

Comme dans tout sport, il y a des règles, un capitaine, des équipiers, un objectif... Pourtant il n’est ici point question d’activité athlétique, plutôt intellectuelle. Le cap’taine est un Polonais, éduqué à la rigueur du karaté haut de gamme, taillé comme une armoire normande. Les règles ? Les siennes ! Le colosse n’est pas du style à se laisser guider sa conduite. Les équipiers sont ceux qu’il a choisis. Équipe mixte, en genre et en nationalité. Deux critères de sélection : le savoir-écrire et la langue française en partage. Pas question de s’emmêler les pinceaux et les langues. L’objectif : proposer aux collégiens et aux lycéens apprenant la langue de Teddy Riner, et à leurs enseignants, de très courtes pièces de théâtre à jouer entre eux ou en public. Le programme 10 sur 10 n’en est pas à ses débuts. Une décennie que les équipiers du cap’taine fournissent des textes à petits et grands du Brésil au Sénégal, de la Guinée à la Birmanie, de la Tunisie à l’Europe entière ? Cette année, pour coller symboliquement au 10 sur 10 de l’étoile roumaine, cap’taine Jan Nowak a choisi de lancer ses équipiers sur les 10 mots de l’action de la DGLFLF, qui sentent bon la sueur : adrénaline, prouesse, échappée, faux départ, collectif, hors-jeu, champion, aller aux oranges, mental, s’encorder. Amusez-vous avec eux qu’il leur a dit !

Ce qui est « bien » avec la création, c’est qu’avec une règle commune chacun peut proposer une œuvre radicalement différente de celle du copain d’à côté. Sur un 110 mètres haies, à part le chrono et un brin de technique qui diffèrent, il est exceptionnel de voir un concurrent partir à l’envers, en marche-arrière, habillé en combinaison de plongée ou ramper sous les haies. Quoi que, passer sous les haies reste une alternative pour certains !

Contact : jan.10sur10@gmail.com

Là, feu d’artifice. Ça pète dans tous les sens. Clara Benoit-Casanova (France) décrit « l’histoire du premier cours de sport du premier jour de la 6e », jour où Caro constate que « nos bras ont poussé avant le reste du corps ». Saperlipopette. Quant à Lara, elle se demande comment « s’intégrer au collectif » ? Pour les esprits lunaires, un brin perchés, l’autrice québécoise Marianne Dansereau propose une scène à la piscine. Scène ou « bonnet bleu » pratique la nage synchronisée en solo sous les yeux ébahis de « bonnet rouge » traité d’ignare car perplexe devant cette nouvelle pratique ! Dans une seconde saynète, Marianne Dansereau propose purement et simplement de coller Pierre de Coubertin au bûcher. Pas politiquement correcte l’amie de la lointaine Province ! Faut admettre que le baron avait un paquet d’idées au ras des pâquerettes côté place de la femme. Participer oui, mais à condition d’être un homme... bref.
Le dramaturge français Rémi De Vos, n’y va pas par quatre chemins. « Son » sportif est un crétin. En lisant la saynète, on pense à Averell Dalton, personnage de la BD Lucky Luke. Un grand couillon. Rémi me pardonnera-t-il ce flash qui a saisi mon esprit ? Crétin qui ne parvient pas à mémoriser le jour de l’épreuve à laquelle il doit participer. Ça me rappelle quelqu’un... non, je serai charitable ! Passons à l’auteur suisse : Thomas Miauton. Franco-suisse, un brin malgache par le cœur. Lui non plus ne choisit pas le consensus mou, il flingue. Qui ? Les sportifs. Les arbitres. Pour correspondre au thème imposé par le capitaine, mais sans détour aucun, il sulfate la corruption d’une certaine grande entreprise appelée Glencore condamnée, mais toujours à l’œuvre. Et ça, ce n’est pas de fiction !
Thierry Simon (France) propose deux saynètes. L’écriture de la seconde serait-elle la décompression suite à l’écriture de la première ? Nuit de terreur, banale terreur, dans une ville lambda en Ukraine. Trois personnages. Deux angoissés, Marko et Yuriy. Alina, dans un cauchemar éveillé se voit au JO, à Paris, lancer son javelot, à 20 h le 10 août. « Vingt secondes avant le lancer. Pas de faux départ. Montée d’adrénaline. Ne pas chercher la prouesse. S’appuyer sur la technique et le mental. Se souvenir des nuits brûlées de Kyiv, et s’élancer. Maintenant. » La seconde pièce est ainsi résumée : « L’équipe suisse de gastéropodes, juste avant la grande étape de montagne du Tour du Potager : l’ascension du brocoli. » Qu’ajouter ? Un filet de bave, pourquoi pas ?
Rebecca Vaissermann, exigeante autrice française, propose un texte à la limite du hors-jeu ! À lire, relire, à voix haute. Oui, c’est bien ça, Rebecca nous enfume. Le sport, les JO, les mots imposés, elle s’en moque, elle se moque de tout, elle écrit ce qu’elle veut... Et ce qu’elle désire au plus au point c’est parler de la vie, du tout début de la vie, de l’effort de vivre, de la douleur de vivre, de la parentalité, du compagnonnage, de la fraternité qui font passer la pilule. En fait, ça rappelle le sport, non ? Finalement, elle est raccord avec ses équipiers. Finalement.
En queue de peloton, voici les pièces écrites par Laurent Van Wetter. Belge. Heureusement pour lui, à l’intérieur de l’Union européenne, nul besoin de visa pour franchir les frontières. Sinon ! Comment le priver de la nationalité française puisqu’il n’est pas ressortissant du pays ? Il le sait bien, le coquin. Alors, il se lâche. Il vise, à grand coup de LBD (Lanceur de balles de défense). Il décerne, non sans ironie, la médaille d’or du maintien de l’ordre à la France, devant les États-Unis et la Chine. Puis, parle de ce jeune homme, prêt à passer de la participation de JO à celle des Paralympiques. Mauvais esprit, le Belge ? Juste un zest !

Aucun de ces brillants esprits n’a pensé à associer 10 sur 10 à Nadia Comaneci. C’est fait.


Formation "théâtre et sport" de Jan Nowak avec des professeurs tchèques


28 06 2024

« Allez les petits ! »

Roger Couderc

Souvenirs d’adolescent. Canapé, gâteaux à la noix de coco à gogo et boule au ventre quand les bleus et leur énigmatique « french flair » rencontraient les « Black » ou les Gallois de l’imprévisible JPR Williams aux impayables rouflaquettes rousses ! À la prise d’antenne, un amoureux du catch et du rugby, un solide gaillard à la voix chaude, outrepassait son rôle de journaliste, méritant le surnom de 16e homme du 15 de France : Roger Couderc. Il poussait en mêlée et pratiquait le « cadrage débordement » sur l’aile en criant au micro le devenu célèbre « Allez les petits » ! Époque révolue d’un rugby en mutation, encore campagnard, mais en route vers la professionnalisation. Cher Feu Roger, que diriez-vous d’assister à un classique des années 2020 ? Un bon vieux France – Fidji... À 7, oui, à 7, aux Jeux olympiques qui se tiennent à Paris ?

Il n’y a sans doute pas que le fantôme de Roger Couderc qui tombe de sa chaise. Mais, oui, le rugby à 7 fit son entrée au JO à Rio en 2016. Les Grecs tombent de l’Olympe, mais c’est un fait. Or, le rugby, même à sept, est un sport complexe sous une allure chabraque. Les arbitres ont pour tache d’expliquer aux joueurs les décisions qu’ils prennent car eux même ne maîtrisent pas toutes les règles. Drôle de sport, né d’un jeu venu de l’Ouest et du Sud-ouest de la France, appelé la Soule qui fut codifiée par les meilleurs ennemis des Frogies, les Britons, vers 1848. Pendant ce temps, les Français s’adonnent à leur sport favori, la révolution.

Tellement codifié que plus personne n’y comprend rien ! Sauf les arbitres et Feu Roger Couderc. Tellement britonisé que la DGLFLF* a demandé à la Commission de terminologie de se pencher sur les anglicismes qui bien que légitimes devant l’Histoire piquent les oreilles des francophones. En parcourant la plaquette – accessible ci-contre – vous apprendrez qu’au rugby, on piétine et on ratisse... dans la joie et la bonne humeur ! On ne « ruck  » à plus à l’anglaise, s’il-vous-plait !

À Paris, aux JO qui arrivent à la vitesse TGV de Philippe Sella ou des N’Tamack père et fils, l’équipe de France sera guidée par l’homme au patronyme aussi banal que lui est singulier, force 10 : Antoine Dupont. (Avec un t). Lui, la vedette incontestée des multiples champions d’Europe, le Stade toulousain, et de l’équipe de France à 15 est un atout sans pareil pour les bleus à 7... Gageons que la « spectacularité » de ce sport fou-fou, que méconnaît 80% de la planète, séduira des publics autres que les Néo Z, les Australiens, les Océaniens et les Britons ! « Allez les petits ! » Où sont les gâteaux à la noix de coco ?

* Délégation à la langue française et aux langues de France


Antoine Dupont contre l’Italie à 15, Tournoi des six nations 2023
© Flickr - stede64

27 06 2024

Au JO, on parle la langue de Nawal El Moutawakel

Dans un mois, des milliards de téléspectateurs poseront leur regard, pas toujours (r)éveillé, sur un écran de télévision ou celui d’un téléphone dit intelligent et se laisseront happés par l’événement le plus médiatisé de la planète : les Jeux olympiques. Cette année, Paris a décroché la timbale et s’apprête à accueillir des supporters spectateurs par légion, sur son sol ou au travers des écrans. Déjà, sur-médiatisée du fait de sa forte attraction touristique, la France connaîtra la plus foldingue des expositions. Faudra pas s’louper ! La France devra « performer  » au saut d’obstacles : élections et autres coups de vent politiques, cochonneries peu ragoûtantes dans la Seine, transports en commun sous hautes tensions, manifestants noirs, verts, rouges zélés et/ou incontrôlés, effrayants petits chimistes en herbe ou senior...

Au-delà des installations sportives placées dans des lieux qui fleurent bon le chic et le prestige, tels la Tour Eiffel, la place de la Concorde, le château de Versailles ou qui ont un impact mémoriel fort dans la culture populaire des Français, ainsi le stade Geoffroy Guichard où les footballers Verts ont fait lever les foules dans les années 70 ; l’hyper irrationnel Stade Vélodrome à Marseille ou le site de Tehupoo représentant la lointaine océanique terre tahitienne... Au-delà, donc, une autre richesse s’affichera, espérons-le au mieux de sa forme : la langue française ! Pas celle que certains voient défraîchie, au passé parfois douteux, et manipulé par des citoyens bien peu porteurs de la trilogie « Liberté, Égalité, Fraternité ». Celle qui s’affiche généreuse, accueillante, vivante, aux multiples accents et colorées d’expressions cocasses, plus précises que... moins connotées que... modernisée sans être dénaturée...

La langue de Molière dit-on par facilité. Celle aussi de Marie-Josée Perec, Laure Manaudou, Tony Estanguet, Nicolas Karabatic, Alain Mimoun, Etienne Desmarteaux, Maude Charron, Nafissatou Thiam, Françoise Mbango Etone, Samuel Eto’o, Nawal El Moutawakel, Nourredine Morceli, Hassiba Boulmerka... la francophonie quoi !
Comme quoi la langue française n’est pas seulement la langue officielle des JO* dans l’aspect protocolaire, mais aussi en ce qui touche à la performance, la sueur, la conviction, la technique et la fraternité.

* Langue officielle des JO « valides » et non des « paralympiques », mystère à élucider.


Nawal El Moutawakel remportait la médaille d’or sur 400 m haies lors des JO de Los Angeles en 1984

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