Lavinia Enache - La passion de la formation

Lavinia Enache - La passion de la formation

1er janvier 2022 - par Elena Diaconu 
 - © Lavinia Enache
© Lavinia Enache

« J’ai eu un parcours tout à fait classique », avoue simplement Lavinia. Mais ce n’est peut-être pas le plus classique des parcours que de fonder sa société à 24 ans, de travailler dans une autre langue que la sienne, d’avoir un réseau international d’amis, collaborateurs et partenaires. Et la chose qui relie tout cela et que Lavinia elle-même cite comme l’élément qui a tout changé pour elle : le français.

Lavinia Enache a 26 ans, elle vit à Bucarest, en Roumanie. En plus d’animer sa propre société, elle travaille à mi-temps afin de gagner sa vie pendant qu’elle fait grandir son affaire. Il y a deux ans, elle a cofondé Serious Evo, une agence de communication numérique, avec Nizar Adnani, son associé algérien. Ils ont fait du bénévolat pour la même association internationale pendant quelques années et ont par la suite décidé de se lancer à leur
compte. Les compétences étaient là, différentes pour chacun, mais complémentaires, ils avaient déjà un réseau professionnel et, surtout, la même envie d’apprendre qui les motive toujours.

« Je suis quelqu’un qui ne prend pas des décisions facilement », admet Lavinia, et c’était le cas au moment de choisir une voie professionnelle durant son master. Elle savait qu’elle voulait « faire quelque chose dans la francophonie », mais ne savait pas quoi. Et puis finalement elle a compris qu’elle avait déjà commencé sa carrière. En participant aux évènements de l’Organisation Internationale de la Francophonie et en faisant du bénévolat, ses compétences se sont multipliées. « Je me suis rendu compte que je suis bonne dans ce que je fais, que je peux faire de la communication, que l’événementiel me plaît aussi, que je peux gérer une communauté et organiser des évènements et que ça me tient à cœur. » C’est ainsi que Serious Evo a vu le jour.

L’énergie francophone

Lavinia se tient droite, les épaules bien en arrière, le regard décidé. Elle gesticule peu et sourit beaucoup. Quand elle pense aux personnes importantes pour son parcours, deux noms surgissent comme une évidence. En plus de son associé, Nizar, c’est sa première professeure de français, Viorica Vîjeu, que cite Lavinia : « elle est exceptionnelle, elle a une énergie spéciale. C’est à elle que je dois la langue française et la francophonie. » Lavinia s’est attachée, depuis ses 10 ans, à cette professeure qui les faisait chanter ou jouer en français, mais qui savait aussi se montrer stricte. Peu à peu, elles ont développé une relation qui se poursuit encore aujourd’hui. C’est madame Vîjeu qui l’a confortée dans son choix d’un lycée pédagogique et qui a continué à l’aider à progresser en français. Une licence de lettres et un master de communication plus tard, Lavinia est aujourd’hui en première année de thèse. Elle en rigole d’ailleurs : « c’est de la formation continue, je suis toujours en formation ».

Lavinia parle beaucoup et, de temps en temps, s’en excuse. Mais elle recommence aussitôt, avec son accent chantant. Un accent plus méditerranéen que roumain, qu’elle a sûrement pris de Nizar, son associé. Pour elle, la francophonie c’est « le partage des cultures ». Lavinia, aime rencontrer des gens, les connaître, s’en inspirer : « Toute personne m’inspire, que ce soit par la manière de parler, de penser, que ce soit un détail que j’aimerais bien avoir ou travailler sur moi. »

Depuis la création de Serious Evo, Lavinia a changé son mode de vie et sa mentalité, elle est plus organisée aussi. Elle dit pouvoir « renoncer facilement » à un week-end à la mer avec des amis, à des « moments passagers d’amusement » qui pourraient coûter la réussite d’un projet. Elle est dans le temps long : elle construit, patiente, non pas une carrière, mais un métier qui lui correspond. « Il n’y a pas de recette du succès et je ne peux pas dire que j’ai atteint le succès. Nous continuons à nous former, à découvrir des choses, nous avons des projets qui réussissent et d’autres qui échouent. »

Où se voit-elle d’ici cinq ans ? Faire vivre Serious Evo à plein temps, investir davantage le marché roumain et enseigner. Une chose est sûre : elle sera toujours aussi passionnée par ce qu’elle fait.