Alexandra Dobosz - La science entre ses mains

Alexandra Dobosz - La science entre ses mains

1er février 2022 - par Elitsa Kancheva 
 - © Alexandra Dobosz
© Alexandra Dobosz

Alexandra Dobosz a 26 ans. Depuis trois ans elle poursuit une thèse sur les métaux liquides à l’Académie polonaise des Sciences (PAN). L’année dernière elle a remporté le premier prix du concours « Ma thèse en 180 secondes » à l’étape internationale de l’Europe centrale.

Mes parents sont tous les deux Polonais, mais ils habitaient en France et moi je suis née en France et j’ai passé là-bas les huit premières années de ma vie, après quoi mes parents ont décidé de revenir en Pologne.

Une fois en Pologne, est-ce que tu continuais à apprendre le français à l’école ?

À l’école on avait le choix entre le français, l’anglais et l’allemand. J’ai décidé de continuer avec le français.

Pour tes études supérieures comment t’es-tu dirigée vers la science ? Et est-ce que tu as fait tes études de science en français ?

Non, mes études je les ai faites en Pologne, en polonais. J’ai choisi d’étudier l’Ingénierie des matériaux. Mes parents préféraient que je sois journaliste ou quelque chose comme ça, comme mon père. Mais je me suis dit « Non, je veux faire de la science ! ». À Cracovie, j’ai étudié à la Faculté de Céramique. Là, il y avait un programme pour effectuer un stage de six mois en Europe. Bien sûr j’ai choisi la France et j’ai passé 6 mois au Commissariat d’énergie atomique aux énergies alternatives (CEA) à côté d’Avignon. J’ai écrit ma thèse de master en français, c’était un peu compliqué. Après j’ai dû la traduire en polonais parce l’Université ne voulait bien sûr pas la lire en français, mais la première version était en français.

Tu as gagné le concours « Ma thèse en 180 secondes », quel était ton sujet ?

Mon doctorat se concentre sur le gallium. Le gallium est un élément qui fond à 30 degrés, on peut donc le fondre dans nos mains, et je fais des alliages avec le gallium, que je mixe avec différents éléments. J’essaie de voir les propriétés très basiques de ces alliages. Je regarde la viscosité ou la densité, par exemple, pour mon doctorat. Mais aussi j’essaie de trouver peut-être des applications pour ces métaux liquides. Il y en a beaucoup. Par exemple, le gallium et les alliages du gallium ont remplacé le mercure dans les thermomètres qu’on utilise maintenant.

«  Ma thèse en 180 secondes » est un exercice qui aide vraiment la personne à trouver des
mots pour remplacer les termes scientifiques
 ?

Oui, cela m’a aidé même lors de conférences scientifiques ! Il n’y a pas beaucoup de gens qui étudient par exemple le gallium. Donc ça m’a beaucoup aidé aussi pour les conférences, pour écrire mes présentations parce que j’essaie maintenant d’expliquer un peu plus lentement, plus clairement, plus simplement et j’ai trouvé que même les scientifiques aiment bien ça. Après avoir remporté le premier prix de « Ma thèse », j’ai gagné un stage d’un mois
en France. Je l’ai fait à Orléans au Centre national des recherches scientifiques
(CNRS).

Est-ce que tu as envie de retourner en France ?

Oui, après mes études. Le doctorat en Pologne dure quatre ans et je suis dans la troisième année, donc il me reste encore une année pour le compléter. Après, je pense aller en France. Peut-être trouver un travail, je ne suis pas encore sûre, mais c’est quelque chose à laquelle je pense souvent.

Peux-tu résumer en quelques mots en quoi le français a changé ta vie ?

Quand j’ai fait mes deux stages en France, j’avais la possibilité de parler en français avec des Français, c’est vraiment magique de communiquer de la sorte. C’était très important pour moi, même si au début j’avais quelques problèmes avec les mots liés à la science parce que quand même j’utilise plutôt l’anglais ou le polonais quand je parle de science. Donc parler de science aux Français c’était un peu compliqué au début. Mais le français est important pour moi et j’espère que je pourrai dans le futur travailler en France ou dans un autre pays francophone.