Jakub Sindelar : C’est le courage de continuer qui compte !

Jakub Sindelar : C’est le courage de continuer qui compte !

31 décembre 2021 - par Anna Baghdasaryan  

Doctorant en histoire moderne à la faculté de Sciences sociales, à l’université Charles de Prague, Jakub Sindelar est également engagé dans la représentation tchèque de la SPECQUE, la plus importante simulation francophone du Parlement européen au monde.

« J’ai toujours été fasciné par la recherche, ce qui m’a conduit à faire mon doctorat à l’université Charles de Prague, où je donne aussi des cours d’histoire de l’Europe de l’Ouest et où j’anime un séminaire d’actualité pour les étudiants de licence. Je suis également engagé dans la représentation tchèque de la SPECQUE (Simulation du Parlement européen Canada-Québec-Europe). Créée en 1998 par des étudiants de l’Université Laval, afin de mieux comprendre le fonctionnement des institutions européennes et les grands enjeux de
l’Union européenne, aujourd’hui elle est la plus importante simulation francophone du Parlement européen au monde.

Je suis aussi membre d’une association des doctorants en République tchèque qui a pour
but d’améliorer les conditions de travail des jeunes chercheurs qui, parfois, sont obligés d’abandonner leurs recherches à cause du manque de financement. L’équivalent du salaire minimum de croissance en République tchèque est plus élevé que la bourse du doctorant. C’est vraiment très difficile de vivre et faire la thèse dans une ville comme Prague, où le loyer est très élevé. Les jeunes chercheurs sont alors obligés de travailler à côté pour vivre et réussir leur thèse.
 »

Comment surmonter ces difficultés ?

« Mon métier a des aspects vraiment très variés. Je dois organiser mes cours et corriger les travaux des étudiants. J’aime bien l’idée de transmettre mes connaissances aux autres. J’ai également des tâches administratives, ce qui me prive de temps pour mes recherches. Dans les moments difficiles, je me répète la phrase de Winston Churchill : « Le succès n’est pas final. L’échec n’est pas fatal. C’est le courage de continuer qui compte ».

Pourquoi apprendre le français ?

« Ma première rencontre avec la langue française remonte au lycée. J’aimais beaucoup cette langue. Mais c’est vraiment à l’université que j’ai commencé à beaucoup travailler pour bien la parler. Ma plus grande motivation était la SPECQUE, où on utilisait le français quotidiennement. Pendant ma licence à l’université j’ai pu participer au programme Erasmus+ en France, à Sciences Po Lyon. J’ai vécu pleinement dans un milieu francophone et je trouve cette expérience très agréable et marquante. Quant à la francophonie, c’est une communauté de gens qui partagent une belle langue, mais qui sont aussi liés par une certaine proximité. J’ai l’impression que lorsque les francophones se rencontrent dans n’importe quel pays, ils se sentent à l’aise et s’entendent facilement. Une fois qu’on commence à lire et comprendre le français, un nouvel univers s’ouvre.

Historiquement, on sait que les sociétés qui fabriquent des situations d’inégalité très extrêmes ne sont pas stables. Et si on veut résoudre la crise écologique, il faut s’occuper d’abord des questions sociales. L’autre défi très préoccupant est la surveillance technologique, le rassemblement des données personnelles. Ce genre de modèle de surveillance et l’évaluation de la société sont de grandes menaces pour la démocratie. »