La Chaire de français de l’Université Française en Arménie (UFAR)
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La Chaire de français de l’Université Française en Arménie (UFAR)

4 octobre 2018 - par Narine Kokhtieva , Anaida Gasparyan
L’UFAR, la jeunesse francophone du pays - Source : Page FB de l'UFAR
L’UFAR, la jeunesse francophone du pays
Source : Page FB de l’UFAR

HISTORIQUE

Le 4 novembre 1995, l’Arménie et la France signent un Accord de coopération culturelle, scientifique et technique. Puis un Protocole est conclu le 23 novembre 1998 entre le Ministère de l’Enseignement et de la Recherche de la République d’Arménie et l’Ambassade de France en Arménie. « Considérant la nécessité de perfectionner son système éducatif et désireux de tirer profit de la riche expérience en matière de mise en œuvre de programmes d’enseignement supérieur et professionnel », le gouvernement arménien décide de participer à la création de la « Fondation Université française en Arménie » (UFAR).
L’Université a été créée en 2000. Les premiers accords de partenariats sont signés le 15 février 2001 avec, entre autres, l’Université Jean Moulin Lyon 3. Depuis lors, l’UFAR est le phare de la coopération française en Arménie, et le principal pilier de la Francophonie en Arménie. Dès le départ le principe pédagogique retenu est la délivrance de doubles diplômes nationaux arméniens et français (Bakalavr/Licence et Magistr/Master).
La durée des études en Licence est de 4 ans, correspondant à la phase de transition des universités arméniennes, avant d’entrer de plain-pied dans le système de Bologne ; elle est de deux ans pour le Master et de trois ans pour le Doctorat.

OBJECTIFS ET ORGANISATION

L’Université, qui compte environ 1500 étudiants, a pour vocation de former des spécialistes qualifiés répondant aux nouvelles exigences du marché du travail en Arménie et dans la région économique du Caucase.
Les jeunes diplômés de l’UFAR mettent leurs connaissances, leurs compétences et leur expérience internationale au service du développement de l’Arménie et des relations entre l’Arménie, la France et l’Europe. Ils constituent le vivier des élites de demain. Chaque promotion, à l’issue de son cursus, connaît un taux d’insertion professionnelle de l’ordre de 70 % en Arménie, certains poursuivant des études à l’étranger ; et de presque 100 % au bout de trois ans.

L’UFAR, fondation de droit arménien, jouit aussi de l’implication des plus hautes autorités arméniennes : le Secrétaire général du ministère des Affaires étrangères arménien enseigne à l’Université. Le Président du Conseil d’administration est le Secrétaire du Conseil de Sécurité nationale (numéro 3 du gouvernement) ; et il est l’un des fondateurs de l’UFAR. Nombre d’enfants de ministres et de hauts fonctionnaires choisissent d’y faire leurs études. Grâce à des conventions de partenariat avec les autres universités présentes en Arménie, l’UFAR ne cesse de renforcer son champ d’intervention dans la vie universitaire arménienne.

L’UFAR est une institution originale. À la différence de l’Université du Caire qui dispose seulement d’un vice-recteur français et de l’Institut francophone pour l’informatique d’Hanoï, établissements délivrant aussi des diplômes français, les statuts de l’Université française en Arménie précisent que le recteur est toujours français, de même que le secrétaire général.

CURSUS

L’UFAR comprend quatre Facultés : Droit, Gestion, Marketing et Finances. En 2018, UFAR envisage d’ouvrir une nouvelle faculté « Maths appliques, nouvelles Technologies et Statistiques ».
Elle délivre des Licences en Droit, Économie et Gestion (Mention : Droit), et en Science de Gestion, (Mentions : Commerce ou Management Opérationnel) ainsi que des Masters en Droit international des Affaires, Marketing et Vente, Finance et Contrôle ; et depuis cette année, un Master 2 de Communication et Administration des activités culturelles et touristiques, répondant ainsi à une commande gouvernementale arménienne.

La connaissance du français n’est pas obligatoire pour entrer à l’Université. Pendant les deux premières années, les étudiants suivent, en plus des matières générales et de spécialité, des cours intensifs de français, validés par un test reconnu à l’échelle internationale (DELF). Sa réussite conditionne cependant la poursuite des études. Ainsi les étudiants, qui en majorité (environ 85 %) n’ont pas étudié le français avant d’entrer à l’UFAR, sont capables dès la troisième année, de suivre les enseignements en français.

À partir de la troisième année, 20 % des cours au minimum sont dispensés en français ; et en Master, ce sont près de 50 %, notamment avec l’appui des professeurs de l’Université Jean Moulin Lyon 3 qui effectuent des missions à l’UFAR. Les stages obligatoires, en France, en Belgique ou en Arménie, donnent lieu à la rédaction d’un rapport ainsi qu’à une soutenance orale. À cette occasion, les étudiants manifestent leurs capacités à rédiger, mais aussi à présenter un mémoire en français.

Le concours d’entrée, un corps professoral mixte, arménien et français, le rôle essentiel de la diaspora arménienne dans le soutien à l’UFAR, ainsi que des partenariats institutionnels, sont les atouts de cet établissement d’enseignement supérieur qui travaille en lien étroit avec des collectivités territoriales françaises, et des entreprises arméniennes et françaises.
Les droits de scolarité sont calculés de façon à être compatibles avec le niveau de vie en Arménie ; et l’UFAR accorde des bourses d’excellence aux meilleurs étudiants, permettant la prise en charge totale ou partielle des droits d’inscription ; ainsi que des bourses sur critères sociaux, grâce au concours de donateurs particuliers ou d’entreprises.

PARTENAIRES

L’Université est partenaire de l’European Foundation for Management Development (EFMD) qui distingue les formations d’excellence au management. Elle est membre de l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF), ainsi que d’un réseau d’universités francophones réunies autour d’une Chaire UNESCO consacrée au développement durable dans toutes ses composantes (ici éducation et formation).
Le taux d’insertion professionnelle des étudiants de l’UFAR, avoisinant donc les 80 % par promotion, est la preuve indiscutable de l’apport de la Francophonie dans la zone du Caucase et explique le projet en cours d’une ouverture accrue dans la région en direction d’étudiants géorgiens, iraniens, voire russes.

CHAIRE DE FRANÇAIS, UNIVERSITÉ FRANÇAISE EN ARMÉNIE

L’Université française en Arménie fondée à la suite d’un accord intergouvernemental franco-arménien est l’unique université en Arménie qui a adopté le système d’enseignement français. La langue française est enseignée d’une façon approfondie dès la première année d’études (7,5 heures par semaine en première année et en deuxième année, 6 heures par semaine en troisième année et en quatrième année, 4.5 heures par semaine en Master 3 h par semaine en Master 2).
À la fin de la deuxième année les connaissances de français des étudiants sont testées par le DELF B 1 (min 60) (Diplôme élémentaire de langue française) et c’est une condition obligatoire pour le passage en troisième année.

L`UFAR n’est pas une université linguistique, mais une université où les étudiants se trouvent dans une situation professionnalisant.
En faisant leurs études dans les facultés de commerce, de gestion, de finances et de droit, ils apprennent aussi des langues. Ce qui explique la différence de la méthodologie d’enseignement/apprentissage par rapport aux autres établissements d`enseignement de Français Langue Etrangère. C’est pourquoi pour les étudiants de l’UFAR la langue-cible (le français) doit servir d’outil de communication pour pouvoir communiquer avec les professeurs de spécialité français.

Dès la troisième année, certaines matières sont enseignées en français par des enseignants français et arméniens francophones. Donc, à cette étape d’études les étudiants de l’UFAR doivent avoir les connaissances et les savoir-faire nécessaires pour suivre ces cours (comprendre les cours, prendre des notes, s’exprimer librement en français et répondre par écrit en français aux questions de l’examen).

En quatrième et en cinquième année d’études, les étudiants font leur stage dans des entreprises et des organisations arméniennes et françaises d’Arménie. Les meilleurs ont la chance de faire leur stage en France. À cette étape les étudiants doivent être capables de communiquer librement en français dans des situations de communication professionnelle, ainsi que d’étudier et de rédiger en cette langue des documents. Par la suite, ils doivent rédiger en français leurs mémoires en se basant sur les connaissances, les savoir-faire et l’expérience acquis pendant le stage.

La Chaire de français de l`Université Française en Arménie a élaboré ses méthodes d’enseignement et ses programmes en partant des exigences de l’UFAR et des besoins des étudiants. La chaire est sensible aux changements des exigences de l’université et essaye d’adapter le mieux ses programmes et ses méthodes d’enseignement aux nouveaux besoins de son public dont les résultats prouvent l’efficacité du travail de la chaire.
La Chaire de l`UFAR s`est formée en 2000. L`équipe des professeurs comprend des enseignants ayant une riche expérience de travail dans le domaine de l`enseignement du français de base et du français spécialisé.

La Chaire a comme but :
- enseigner le français en 2 cycles : le français général en I et II années
le français des affaires et le français du droit en III, IV années et les Master 1 et 2
- préparer les étudiants à l’examen de DELF B1 pour le passage en III année
- élaborer une méthode non traditionnelle de l`enseignement du FLE
- adapter les méthodes européennes de l`enseignement du FLE aux besoins des étudiants de l`Université Française en Arménie
- mettre en place une véritable compétence de communication intégrant à la fois une compétence culturelle et une compétence linguistique
- proposer un travail de fond sur les savoir-faire linguistiques et culturels ainsi qu’un travail via les TICE

La Chaire offre des programmes d`enseignement de la langue française en utilisant les nouvelles méthodes d`enseignement du FLE (Français Langue Etrangère) et du FOS (Français Objectif Spécifique) basées sur les éléments suivants :

- l’organisation d’une méthodologie autour d`objectifs de communication qui déterminent les différentes entrées (grammaire, communication, lexique)
- la démarche d`apprentissage de l`étudiant, qui pour acquérir la langue française, a besoin de mémoriser, de comprendre un fonctionnement différent de celui de sa langue, de produire des énoncés courts au début, plus complexes ensuite, d`utiliser la langue dans des interactions.
L`équipe s`interroge constamment sur comment « améliorer l`enseignement du français » ayant en vue le fait qu`au bout de 2 ans d`études à l`UFAR les étudiants doivent maîtriser parfaitement le français (cours de spécialités en français [gestion, commerce, droit]. D’où vient l’importance stratégique de l’enseignement du français à l’UFAR ainsi que l`utilisation des outils TICE par la Chaire.

PARTENAIRES DE LA CHAIRE

La Chaire de français de l’Université française en Arménie continue son étroite collaboration avec l’Agence Universitaire de la Francophonie, l’Organisation Internationale de la Francophonie, L’Alliance Française Arménie, la Fédération Internationale des Professeurs de Français, CREFECO ainsi qu’avec les établissements d’enseignement secondaires et supérieurs d’Arménie, de France et de l’Europe Centrale et Orientale. Nous sommes dans une recherche constante d’expertise et d’excellence.

La Chaire souhaiterait donner et redonner le goût de savoir et d’enrichir les connaissances des apprenants en classe de FLE, aider les apprenants à retrouver le plaisir, favoriser et veiller sur la genèse de la motivation à travers les TICE afin de crée une atmosphère d’apprentissage motivé.