MAROC -

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Par Ahmed ISMAÏLI, professeur honoraire Faculté des Lettres et des Sciences Humaines, Meknès.
11 novembre 2014
La condition des femmes toujours au premier plan. - © Flickr - zskdan
La condition des femmes toujours au premier plan.
© Flickr - zskdan

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SOCIÉTÉ
Douze ans après le 4e congrès national de la Confédération démocratique du travail, Mohamed Noubir El Amaoui, candidat unique au poste de secrétaire général est réélu, à la majorité absolue (1815 voix pour et 3 voix contre) au 5e congrès, tenu en novembre 2013, sous le signe de la mobilisation générale pour une vraie réforme... Quelques jours plus tard, les quatre syndicats les plus représentatifs (UGTM, UMT, CDT, FDT) boycottent la réunion proposée par Benkirane pour débattre de la réforme de la retraite. Trois parmi eux (CDT,
UMT, CFDT
) organisent, le dimanche 6 avril 2014, une marche nationale contre la politique d’austérité du gouvernement. Au même moment, un bras de fer oppose le ministre de la Justice au Club des magistrats. Ces derniers appellent en effet à la mise en place d’un système de rémunération équitable et convenable au statut constitutionnel et sociétal des magistrats tout en revendiquant sa révision périodique. Ils obtiendront gain de cause puisque leurs salaires seront augmentés d’une manière significative. Au début d’octobre 2013, deux adolescents sont arrêtés et jugés après avoir diffusé sur Internet leur photo en train d’échanger un baiser. Ils seront libérés au lendemain de la clôture du Festival international du film de Marrakech, au début du mois de décembre 2013, où deux actrices étrangères se sont embrassées publiquement. Concernant la condition féminine, le gouvernement promulgue une série de décrets contre le harcèlement sexuel. De son côté, à l’ouverture du 7e Congrès des femmes de l’USFP (fin décembre 2013), Driss Lachgar remet en cause la législation relative à l’héritage privilégiant les hommes et dénonce la polygamie. Cela déclenche un tollé général dans le milieu des oulémas. Abou Naïm, un illuminé, va jusqu’à lancer un appel au meurtre contre Lachgar. En janvier 2014, pour la première fois au Maroc, des femmes sont nommées walis (gouverneurs). De même, les étrangers époux de Marocaines ont désormais le droit d’acquérir la nationalité de leur conjoint. Cependant, plusieurs immigrés subsahariens se plaignent de l’attitude de la population et des forces de l’ordre à leur égard. Début décembre 2013, un ressortissant camerounais meurt en tombant d’un immeuble à Tanger. Ses camarades organisent une manifestation où ils accusent la police d’avoir jeté la victime du haut du bâtiment. Croyant que les gardes des frontières seront occupés par les fêtes, beaucoup de clandestins tentent d’accéder à Ceuta à l’occasion du Nouvel An. Au début de février 2014, certains parmi eux campent dans la région d’Oujda, près de Melilla. Ils essaient désespérément d’atteindre cette enclave occupée par l’Espagne. Début janvier 2014, le gouvernement promet de régulariser la situation d’une bonne partie des étrangers. On estime que leur nombre s’élève à 35 000 personnes. À cet effet, des bureaux sont ouverts notamment à Rabat, Oujda et Tanger. De l’autre côté de la Méditerranée, quatre clandestins marocains se cousent la bouche dans un centre à Rome pour protester contre leur détention et pour éviter d’être refoulés vers leur pays d’origine. En outre, au début de décembre 2013, le PAM lance un débat sur le cannabis au Parlement en proposant la réglementation de sa culture, mais aussi sur la situation des cultivateurs du nord du pays, vivant dans l’angoisse des poursuites judiciaires. Signalons également que, suite à de longues années de sacrifices et de militantisme, l’ex-présidente de l’Association marocaine des droits de l’homme, Khadija Riyadi, obtient, au début de décembre 2013, le plus grand Prix des droits de l’Homme de l’ONU...


Extrait de la contribution publiée dans l’AFI 2014-2015