Katica Janeva - Le français atout clé professionnel

Katica Janeva - Le français atout clé professionnel

31 décembre 2021 - par Nataša Laporte 
 - © Katica Janeva
© Katica Janeva

Pour la coordinatrice des projets au sein du bureau de l’Association européenne pour la démocratie locale (Alda) à Skopje (Macédoine du Nord), la langue de Molière a joué un rôle déterminant dans sa carrière. Celle qui se décrit comme « une enfant de la francophonie » revient sur son parcours international et nous plonge dans le quotidien de sa mission qu’elle exerce avec conviction.

Vous êtes originaire de Skopje, la capitale de la Macédoine du Nord, pays membre de l’OIF depuis 2006. Comment êtes-vous tombée dans le bain de la francophonie ?

J’ai commencé à apprendre le français au lycée. Puis, j’ai choisi de faire des études de langue et de littérature française à l’Université de Skopje, car je voulais maîtriser une langue mondiale, en plus de l’anglais, qui puisse me servir dans la vie. Je n’ambitionnais pas de devenir enseignante... Pendant ces études, j’ai fait une parenthèse en France en tant que jeune fille au pair. Mon diplôme en poche, j’ai saisi l’opportunité de me spécialiser, grâce à une bourse, dans la gestion de projets européens à l’Institut francophone pour l’administration et la gestion à Sofia – aujourd’hui appelé École supérieure de la francophonie pour l’administration et le management (EFSAM) – qui est dans le giron de l’Agence universitaire de la francophonie.

Dès l’obtention de votre master à l’EFSAM, la suite s’est tracée tout naturellement…

Très rapidement à l’issue de mes études, j’ai été embauchée, en 2009, par l’Association Européenne pour la démocratie locale (Alda) pour travailler au sein de son bureau local à Skopje. C’était un travail qui correspondait en tout point à ce que j’avais appris lors de mes études de gestion de projets européens. L’un des critères pour ce poste était de parler le français puisqu’il incluait d’emblée un projet de coopération entre la Macédoine du Nord et la Normandie. Ma maîtrise de la langue française m’a ainsi très clairement différenciée des autres candidats !

En quoi consistent vos missions au sein de l’Alda ?

L’Alda est une organisation basée à Strasbourg qui possède plusieurs bureaux en Europe et dans des pays voisins. Nous travaillons sur divers projets qui ont pour thématique commune le développement de la démocratie locale. Nos activités se fondent notamment sur l’échange de bonnes pratiques entre les collectivités des différents pays. Elles impliquent souvent des visites permettant aux élus de voir comment certaines institutions fonctionnent ailleurs. Exemple, en Macédoine du Nord, il n’y avait pas de centres de jeunesse. À l’issue de quelques voyages en France et après la réalisation d’études de faisabilité, plusieurs centres
de jeunesse ont ouvert en Macédoine du Nord. Ces échanges peuvent se faire entre pays développés et ceux qui aspirent à adhérer à l’Union européenne, auquel cas nous essayons de faire en sorte que cela soit fait dans un esprit de réciprocité, afin que les deux parties puissent apprendre. Mais nous menons aussi des projets locaux qui consistent à expliquer aux citoyens comment participer à la vie de leur municipalité.

Comment a évolué votre carrière depuis dix ans ?

Dans le cadre de mon travail pour l’Alda, il y a toujours quelque chose de nouveau à apprendre. Chaque projet est différent et les journées ne se ressemblent pas. Il y a également des possibilités d’évolution. J’ai commencé en tant qu’assistante, avant d’être chargée des projets et aujourd’hui je suis coordinatrice. C’est très motivant, tout comme
le cadre international. J’avais également fait une parenthèse, en 2014, au Cambodge, en tant que Volontaire Internationale de la Francophonie – une expérience extraordinaire - avant de reprendre mon poste au sein de l’Alda.

Quelle place occupe le français aujourd’hui dans votre travail ?

Mes langues de travail, au début, étaient surtout le français, le macédonien ainsi que, dans une moindre mesure, l’anglais. Aujourd’hui, le français est moins présent, pour différentes raisons, entre autres parce que je travaille aussi sur des programmes d’échange européens ou locaux qui ne sont pas liés à la France. Mais le français reste l’une des langues de travail au sein de mon bureau où tous les employés sont francophones, d’autant que nous sommes en contact permanent avec les ambassades des pays francophones et accueillons des volontaires ou des stagiaires venant de France.

Et à l’avenir ?

Je dis souvent que je suis une enfant de la francophonie parce que toutes les possibilités que j’ai eues de voyager, d’apprendre et de travailler s’étaient présentées à moi grâce à la langue française. Le français a été un atout clé dans ma vie professionnelle. C’était aussi un enrichissement culturel personnel. Aujourd’hui, je n’ai pas d’ambitions définies, je vais suivre le chemin naturel… Mais j’ai la certitude de vouloir continuer de participer aux activités de l’OIF, comme l’an dernier, quand je suis intervenue dans un séminaire régional organisé à Bucarest. Et surtout, d’utiliser toujours le français dans mon quotidien professionnel !